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« L’attaque du Liban n’était qu’une étape du remodelage du Moyen-Orient par les ةtats-Unis »

DITOU

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Entretien avec Al-Ahram

Thierry Meyssan : « L’attaque du Liban n’était qu’une étape du remodelage du Moyen-Orient par les ةtats-Unis »
par Mahdy Mostafa*

13 JUIN 2007

Depuis
Le Caire (ةgypte


L’offensive israélienne contre le Liban, en juillet-août 2006, ne visait pas à récupérer des soldats faits prisonniers par le Hezbollah et n’était pas une initiative de Tel-Aviv. Elle n’était en réalité qu’une étape dans le vaste plan états-unien de remodelage des frontières du Grand Moyen-Orient, affirme Thierry Meyssan dans un entretien qu’il a accordé au quotidien égyptien Al-Ahram à l’occasion de la sortie en arabe de L’Effroyable imposture 2.

Thierry Meyssan, conférence de présentation de « L’effroyable imposture 2 »

Al-Ahram : Vous avez indiqué dans votre livre, L’Effroyable imposture 2, que la guerre israélienne de juillet 2006 a été planifiée à l’avance. Quels sont les détails de cette opération ?

Thierry Meyssan : Au lendemain de l’invasion de l’Irak, les ةtats-Unis avaient désigné leur prochaine cible. En adoptant le Syrian Accountability Act, le Congrès autorisait le président Bush à entrer en guerre contre le Liban et la Syrie, lorsqu’il le jugerait nécessaire. La France a alors protégé le Liban en négociant la résolution 1559, mais elle s’est brouillée avec la Syrie dont elle espérait en retour qu’elle quitterait le pays du Cèdre. Cependant, cette courte résolution de l’ONU est particulièrement équivoque. Elle prête à deux interprétations contradictoires selon que l’on est à Paris ou à Washington. Pour Jacques Chirac, il s’agissait d’affirmer l’indépendance du Liban, pour George W. Bush, au contraire, il s’agissait d’affaiblir la défense libanaise. Et comme toujours dans ces cas là, le quiproquo finit par être favorable au plus fort. D’autant que le président Chirac a commis une erreur lourde de conséquences : confondant ses relations personnelles avec Rafic Hariri avec les relations d’ةtat à ةtat, il a misé toute l’influence française au Liban sur la seule personne de Rafic Hariri, allant même jusqu’à se couper des partenaires maronites traditionnels de la France au Levant.
ہ partir de ce moment, le projet de guerre a été une première fois modifié. Les ةtats-Unis, tenus par la résolution 1559, ont sous-traité les opérations militaires à Israël. Les partisans de l’affrontement ont éliminé Rafic Hariri pour éliminer la France du jeu. En jouant sur la psychologie des foules, ils ont suscité un mouvement d’opinion au Liban contre la Syrie, espérant l’embrasement général.
Mais, là encore, les choses ne se sont passées comme prévues. Sans faire d’histoires, la Syrie s’est spontanément retirée du Liban où elle avait jadis déployé son armée à la demande des Libanais. Le projet a été modifié une seconde fois puisque la guerre ne pouvait plus être que contre le seul Liban.

Al-Ahram : Vous avez également mentionné le nom de Farid Ghadry, une personnalité syrienne protestante dont il a beaucoup été question et qui a disparu de l’actualité. Quel rôle a t-il joué dans le Syrian Accountability Act ?

Thierry Meyssan : Initialement, les ةtats-Unis avaient prévu de débarquer sur les côtes libanaises, puis d’envahir la Syrie. Ils auraient amené avec eux des gouvernements de remplacement, formés à Washington avec des doubles nationaux, comme ils l’ont fait en Afghanistan avec leur marionnette Hamid Karzaï et en Irak avec Ahmed Chalabi et Iyad Allaoui. Le Liban aurait été gouverné par Ziad K. Abdelnour et la Syrie par Farid N. Ghadry.
Ce dernier est un chrétien sioniste qui travaille pour des entreprises d’armement liées au Pentagone. C’est un membre actif des principales organisations sionistes états-uniennes, AIPAC et JINSA. Il a créé un parti politique syrien aux ةtats-Unis et une radio émettant vers la Syrie depuis Chypre. Il a tenté vainement de fédérer autour de lui l’opposition syrienne, mais il n’est pas très crédible : d’une manière générale (et c’est un problème récurrent pour la CIA), les gens qui sont prêts à organiser des gouvernements de collaboration au détriment des intérêts de leur patrie ne sont pas sympathiques et ne peuvent espérer parvenir à leurs fins par la voie démocratique.
Au départ, leur activité était exclusivement tournée vers le renversement des régimes pro-russes en Europe orientale. Progressivement, la National Endowment for Democracy (NED) et l’US Institute for Peace (USIP) se sont intéressés au reste du monde. En janvier 2004, George W. Bush a doublé le budget de la NED avec pour mission explicite de prendre le contrôle du Grand Moyen-Orient.

Al-Ahram : Vous avez également mentionné la National Endowment for Democracy fondée par Ronald Reagan pour renverser les gouvernements qui s’opposent aux politiques états-uniennes. Nous connaissons beaucoup d’ONG moyen-orientales financées par cette institution. Est-ce à dire que la plupart de ces associations sont liées à la CIA ?

Thierry Meyssan : Après les révélations des années 70, la CIA était complètement discréditée. Sous Reagan, les néoconservateurs ont imaginé un nouveau dispositif d’ingérence, plus « propre ». Plutôt que d’organiser des coups d’ةtat et des assassinats politiques, les ةtats-Unis ont choisi d’infiltrer et de corrompre les mouvements politiques et syndicaux. La National Endowment for Democracy (NED) a été créée en marge du département d’ةtat et l’US Institute for Peace (USIP) en marge du département de la Défense. Ces structures forment désormais le bras visible des services secrets états-uniens. Elles ont d’abord agi en Europe orientale, puis en Europe occidentale, y compris en France où elles financent illégalement des partis politiques.
En janvier 2004, le président George W. Bush a doublé le budget de la NED avec mission de prendre le contrôle de toutes les organisations politiques et syndicales dans le monde arabe. Pour ce faire, la NED a créé de nombreuses ONG et a gracieusement offert son aide aux ONG déjà existantes dans le monde arabe. C’est un système extrêmement pernicieux. Ces gens se présentent toujours d’une manière sympathique et ne demandent rien en échange de leur aide. Mais ils parviennent vite à imposer des formations et des problématiques. De la sorte, ils dévient l’énergie des militants qu’ils redoutent vers des sujets secondaires, et ils propulsent sur le devant la scène les personnes qui leur sont favorables en leur donnant des moyens d’action considérables.
On ne peut pas dire que les gens qui acceptent l’aide de la NED travaillent pour la CIA. Mais à coup sûr, même de bonne foi, ils se mettent dans une situation où ils ne tarderont pas à être manipulés par elle contre les intérêts de leur propre pays.
Dans le cas de l’ةgypte, la NED s’est particulièrement intéressée à infiltrer les organisations patronales.

Al-Ahram : La résolution 1559 est-elle un prélude à la ce que vous avez appelé la destruction du Liban, puis l’orientation vers la Syrie ? Cette question a besoin d’une réponse franche : pourquoi insistez vous sur les relations entre Rafic Hariri et Jacques Chirac ?

Thierry Meyssan : Le président de la République française est censé se concentrer sur son mandat et ne pas faire de business personnel qui puisse créer des conflits d’intérêts. Je ne dispose d’aucun élément de preuve permettant d’affirmer que les Hariri étaient les gestionnaires des avoirs des Chirac. Mais je m’interroge sur la signification des cadeaux somptuaires offerts par les Hariri aux Chirac, de ces bijoux parmi les plus chers du monde à l’appartement qu’ils occupent actuellement à Paris.
Quoi qu’il en soit, les relations privées entre les Hariri et les Chirac ont progressivement dicté leur logique aux relations entre le Liban et la France. C’est une lourde erreur et elle a eu de graves conséquences.
Al-Ahram : Cette relation personnelle entre MM. Hariri et Chirac explique-t-elle la transformation des relations entre la France et les maronites du Liban ?
Thierry Meyssan : Jacques Chirac a identifié les intérêts des Hariri à ceux de la France au Liban. De ce fait, il a ignoré tous les autres protagonistes, quelqu’ils soient.
Concernant les maronites, qui sont les relais traditionnels de l’influence française dans cette région depuis des siècles, il a refusé de discuter avec Michel Aoun, qui était pourtant en exil en France quinze années durant. Il a cessé tout contact avec ةmile Lahoud, pourtant président de la République. Il a, par contre, conservé des relations avec les phalangistes et les Forces libanaises, c’est-à-dire avec une petite minorité qui constitue le dernier parti fasciste de Méditerranée.

Al-Ahram : Selon vous, Jacques Chirac connaît-il précisément l’identité des assassins d’Hariri ?

Thierry Meyssan : Non. Jacques Chirac a vécu la mort de son ami Rafic Hariri comme un drame personnel. D’une certaine manière, il s’en considère comme indirectement responsable. Il en est venu à soupçonner tout le monde.
Al-Ahram : Dans votre livre, vous suggérez que les ةtats-Unis et Israël sont responsables de l’assassinat d’Harrri. Sur quoi vous basez-vous ?
Thierry Meyssan : La mort de Rafic Hariri était indispensable à la réalisation des plans US dans la région. Seuls les ةtats-Unis et Israël avaient intérêt à ce crime, qui par contre embarrassait la Syrie. Toutefois, le fait qu’il leur profite fait d’eux des suspects, pas des coupables.
Pour franchir ce pas, j’observe que les ةtats-Unis ont réagi avec une rapidité qui montre qu’ils connaissaient à l’avance la date et l’heure de l’assassinat. Ils sont donc au moins coupables par non assistance.
Et voilà la preuve : US Committee for a Free Lebanon (USCFL), c’est-à-dire le groupe présidé par Ziad K. Abdelnour que j’évoquais tout à l’heure, a lancé son offensive médiatique dans les minutes suivant l’attentat contre Rafic Hariri. Je le rappelle, ce groupe a été formé pour constituer un gouvernement de remplacement pro-US qui aurait été placé au pouvoir par les Marine’s après leur débarquement sur les pages libanaises. Les modalités du projet ayant évolué, ce groupe était destiné à prendre le pouvoir à l’occasion d’une « révolution orange ».
Dans les minutes qui ont suivi l’explosion à Beyrouth, alors que c’était la nuit à Washington, l’USCFL prétend avoir réveillé ses administrateurs, réuni son bureau politique et rédigé un communiqué. Bien informé, ce groupe a su que la victime principale de l’attentat était Rafic Hariri, alors que les agences de presse relataient la violence de la déflagration, mais n’avaient pas encore identifié la cible avec certitude. Il a diffusé son communiqué, par mail et fax, aux agences de presse et aux grands journaux du monde entier grâce à des listings préparés à l’avance et à d’importants moyens de diffusion prévus de longue date. De sorte que de nombreux médias ont appris la nouvelle de la mort d’Hariri par ce fax et non par les agences de presse. Bien sûr, le communiqué de l’USCFL dépeignait Hariri comme un bienfaiteur du Liban et la Syrie comme commanditaire de sa mort. Les journalistes qui, au bout du monde, ignorent tout des méandres de la politique intérieure libanaise n’ont pas cherché à vérifier la logique de l’USCFL En jetant un coup d’œil sur le site internet de cette association, qui n’a été mis à jour s’une semaine plus tard, ils y aurait vu des diatribes contre Hariri et l’appel à le tuer. Car l’USFCL, comme tous les pseudopodes de la CIA, souhaitait la mort de l’ancien Premier ministre et l’a instrumenté contre la Syrie en versant des larmes de crocodile.

Al-Ahram : Que voulez vous dire lorsque vous affirmez que le 7 février 2005 fut le dernier jour du chantage opéré contre la Syrie pour la faire se retirer du Liban ? Quel lien avec l’attentat du 14 février ?

Thierry Meyssan : Avant de lancer l’opération contre Hariri —ou avant de la laisser exécuter par d’autres— les ةtats-Unis ont adressé un ultimatum à la Syrie. Le 7 février 2005, ils ont convoqué l’ambassadeur syrien à Washington et l’ont sommé à la fois de retirr leurs troupes du Liban et de cesser de soutenir la Résistance en Palestine, au Liban et en Irak.
Le refus syrien a immédiatement été suivi de l’exécution de M. Hariri.
Al-Ahram : Dans ce contexte, vous évoquez Elliot Abrams et David Satterfield. Que doit on comprendre de leurs responsabilités ?
Thierry Meyssan : C’est l’ambassadeur Satterfield qui a menacé la Syrie. Et c’est Elliot Abrams qui a supervisé ce dossier —je veux dire tout ce qui concerne le Liban et la Syrie— au Conseil national de sécurité des ةtats-Unis. Ce sont donc ces deux personnalités que les enquêteurs libanais et M. Mehlis auraient dû interroger en priorité.

Al-Ahram : Vous avez noté que les diplomates et militaires égyptiens ont toujours insisté sur la non implication de la Syrie. Pourquoi cette voix a disparu dans la tourmente des évènements, au contraire d’autres voix arabes ?

Thierry Meyssan : Dans cette affaire, comme dans bien d’autres tel que le 11 septembre, l’ةgypte développe des analyses raisonnables et argumentées quand tant de voix sombrent dans l’émotion et l’irrationnel. C’est cette qualité durable qui permet à la diplomatie égyptienne de continuer à jouer un rôle central dans la région. Mais, dans le rapport de forces actuel, l’ةgypte n’a pas la possibilité de se faire entendre médiatiquement face au bruit assourdissant de la propagande US.

Al-Ahram : Marwan Hamadé, le n°2 du PPS de Walid Jumblatt, a affirmé qu’il s’agissait d’« un crime abominable dont les responsabilités sont connues : elles commencent à Damas, elles passent par [le palais présidentiel libanais] Baabda et le gouvernement libanais et les services de renseignement libanais ». Cette accusation est formelle. A-t-elle été programmée avec l’assassinat ?
Thierry Meyssan : Rien ne permet d’avancer que Marwan Hamade était complice des assassins, mais il a prononcé cette déclaration seulement quatre heures après l’attentat. Même avec l’excuse de l’émotion, son comportement est indigne : on ne peut accuser personne de meurtre sans preuve, et l’on ne peut instrumenter la douleur de la famille du défunt pour désigner ses adversaires politiques comme boucs émissaires.

Al-Ahram : Vous stigmatisez le procureur Mehlis et l’accusez de « colonialisme judiciaire », que voulez-vous dire par là ?

Thierry Meyssan : Detlev Mehlis aurait dû être récusé, comme chef de la mission de l’ONU, car il est lié à une des parties prenantes de cette affaire. En qualité de procureur allemand, il avait mené l’enquête sur l’attentat de la discothèque La Belle, en 1986, de manière à attribuer mensongérement ce crime à la Libye et à justifier le bombardement du palais de Khadafi par els ةtats-Unis. En 1995, il a interpelé au Yémen Johannes Weinrich, qui avait secondé Carlos dans la prise d’otage des ministres de l’OPEP, ce faisant, il est apparu comme le bras vengeur de Washington. Puis, Detlev Mehlis a travaillé pour des think tanks US, tel que la Rand Corporation et le WINEP.
Dès son arrivée au Liban, M. Mehlis a outrepassé son mandat. Il devait fournir une assistance à la Justice libanaise, mais au contraire, il l’a méprisée et s’y est substitué. Au point qu’on le présente aujourd’hui comme le chef de la mission d’enquête de l’ONU, ce qu’il n’a jamais été car il n’y a pas eu de mission d’enquête de l’ONU. Quoi qu’il en soit, il a exigé que les fonctionnaires libanais lui rendent des comptes et il a refusé de suivre le Code de procédure pénal libanais. Il s’git donc bien de colonialisme judiciaire. Le but de cette ingérence étant, bien sûr, de justifier une attaque de la Syrie en lui imputant le crime.
Au demeurant, Detlev Mehlis s’est fait piéger par les services secrets syriens qui l’ont laissé s’empétrer dans de faux témoignages sans rien dire, avant de les démasquer brutalement et de le faire chuter ainsi.

Al-Ahram : Vous avez mentionné que les individus qui ont tenté d’assassiner Hassan Nasrallah sont des agents du Mossad. De qui a-t-on dit qu’ils étaient proches et pourquoi n’a-t-on pas encore découvert les détails de cette affaire ?

Thierry Meyssan : Les ennemis du Liban avaient prévu d’éliminer aussi Hassan Nasrallah. Ils ont échoué et la seconde équipe a été arrêtée. Jusque là, rien de très surprenant. Mais les tueurs avaient été armés par Salim Diyab, le chef de la milice du clan Hariri.
En d’autres termes, les Hariri sont aveugles. Ils ne voient pas que leurs amis états-uniens et israéliens veulent détruire leur pays et ont commandité la mort de Rafic. Du coup, ils sont aisément manipulables et jouent contre leur pays et en définitive contre eux-mêmes.

Al-Ahram : Dans les années 50 à 70, la gauche française avait une forte présence au Proche-Orient qui s’est estompée récemment. Selon vous, pourquoi ?

Thierry Meyssan : Parce qu’il n’y a plus de gauche française. Le Parti socialiste est une juxtaposition d’individus qui se détestent et ont des points de vue inconciliables. Il entraîne ses alliés dans son naufrage. En réalité, depuis l’effondrement de l’URSS, le monde a changé et l’échiquier politique français est dépassé. Partout dans le monde, on voit les lignes de fractures se déplacer. Il ne s’agit plus de choisir entre l’économie de marché ou le collectivisme, mais entre la domination US ou la résistance, entre l’Empire ou la multipolarité. Si Nicolas Sarkozy a été élu président, c’est parce qu’il s’est affirmé, seul, comme incarnant cette nouvelle ligne de fracture. Il est le leader des pro-US et n’a pas en face de lui de camp constitué. Les personnalités de la gauche pro-US, comme Bernard Kouchner, le rejoignent, tandis que les personnaltiés de la droite anti-impérialiste ne savent plus où aller.
Nous devons repenser complétement les clivages politiques. C’est pourquoi j’ai créé la conférence Axis for Peace qui réunit des intellectuels, des diplomates, des militaires, des politiques de tous pays pour affirmer les valeurs humanistes face au projet néoconservateur. La prochaine conférence se tiendra en novembre au Proche-Orient. Ce sera peut-être ma réponse concrète à votre question.
Al-Ahram : Pourquoi la France a–t-elle évolué d’une politique arabe vers un soutien aux positions de la droite israélienne ?

Thierry Meyssan : Je ne pense pas que ce soit déjà le cas. Je pense plutôt que, depuis l’effondrement de l’URSS, la France courbe l’échine devant les ةtats-Unis, tout en poursuivant comme elle le peut sa propre politique. Certes, les déclarations des dirigeants français ne sont pas brillantes, mais leurs actions sont souvent encore courageuses.
La France s’est opposée à l’invasion de l’Irak ; elle a négocié la résolution 1559 pour prévenir une attaque états-unienen cotnre le Liban et la Syrie ; elle a empêché le déploiement de l’OTAN à la frontière israélienne en août 2006 ; elle a protégé la Résistance pendant et après le conflit, alors même qu’elle privilégiait le clan Hariri.
Malheureusement, l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’ةlysée risque de vous donner raison. J’observe cela, comme vous, avec inquiétude.

Al-Ahram : Vous avez publié en annexe des cartes du Nouveau Moyen-Orient. Quelle est votre source ? Le Liban sera-t-il divisé entre un ةtat maronite et un ةtat druze ?

Thierry Meyssan : Le projet de division du Liban en trois zones n’est pas nouveau. Déjà Ben Gourion avait prévu d’annexer le Sud, et de créer deux mini-ةtats confessionnels maronite et druze. Mais les ةtats-Unis ont décidé d’aller beaucoup plus loin. Ils veulent réduire en miettes tous les ةtats de la région pour qu’aucun n’ait plus les moyens de leur résister.
Les cartes que je publie représentent la réflexion actuelle de l’état-major interarmes des ةtats-Unis. Elles ont été publiées par le colonel Peters dans l’Armed Forces Journal. Elles ne sont pas définitives, mais elles sont discutées depuis assez longtemps pour être presque abouties. C’est ce que l’on appelle pudiquement le « remodelage du Grand Moyen-Orient ». Concrètement cela passe par une phase de guerre civile généralisée.
Il est donc vital de s’opposer à tout ce qui divise le monde arabo-musulman, qui l’affaiblit et le soumet à l’hégémonie états-unienne. Le glissement de l’opposition chiites/sunnites du domaine théologique à celui de la politique est particulièrement dangereux. Ceux qui y participent portent une lourde responsabilité. Face à la machine de guerre de Washington et de Tel-Aviv, il y a un devoir d’unité pour résister.

Al-Ahram : Pensez-vous que les ةtats-Unis parviendront à réaliser leurs plans ?

Thierry Meyssan : La victoire de la Résistance libanaise marque un coup d’arrêt définitif de l’expansion états-unienne dans cette région. Jusqu’à présent le choix était entre l’impasse militaire face à la plus grande armée du monde et le feuilleton diplomatique sans fin Désormais, il existe une troisième option : la résistance populaire peut être victorieuse. Cependant, la machine de guerre US est trop lourde pour se remettre en question. Elle poursuivra sur sa lancée dévastatrice, sans espoir de réussite, jusqu’à son essoufflement définitif.

( L’effroyable Imposture 2, de Thierry Meyssan apporte un éclairage nouveau sur l’assassinat de Rafik Hariri en le replaçant dans le contexte du « remodelage du grand Moyen-Orient » initié par les ةtat-Unis et Israël.
L’effroyable Imposture 2
Manipulations et désinformations
par Thierry Meyssan
Disponible dans la librairie du Réseau Voltaire.)
 

Bejin

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Contre-enquêtes sur le Proche-Orient…


Thierry Meyssan L'Effroyable imposture 2 - Manipulations et désinformations
Editions Alphée – Jean-Paul Bertrand 2007 / 21.90 € - 143.45 ffr. / 396 pages
ISBN : 978-2-7538-0239-1
FORMAT : 14,5cm x 22,0cm

L'auteur du compte rendu : Juriste, essayiste, docteur en sociologie, Frédéric Delorca a dirigé, aux Editions Le Temps des Cerises, Atlas alternatif : le monde à l'heure de la globalisation impériale (2006).
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Les travaux de Thierry Meyssan sur les attentats du 11 septembre 2001 parus sous le titre L’Effroyable imposture, ont suscité de nombreuses controverses et provoqué la mise à l’index de leur auteur par les grands médias français, après sa brève apparition dans une émission télévisée de Thierry Ardisson. Ses thèses ont cependant assuré au journaliste et à son équipe – le Réseau Voltaire – un succès important à l’étranger. Cette année, Thierry Meyssan publie une nouvelle série d’enquêtes sur des sujets qui furent au cœur de l’actualité proche-orientale (et donc de l’actualité tout court) au cours des quatre dernières années.

Ce livre, qui repose sur un travail d’investigation manifestement ardu, se dévore comme un roman. Bien que moins spectaculaire et audacieux que les thèses avancées autour du 11 septembre – car, au fond, son nouveau sujet était plus accessible à l’investigation journalistique contradictoire que le précédent -, il n’en reste pas moins édifiant : les croyances communes du grand public européen sont battues en brèche sur le Hezbollah libanais, l’interdiction de la chaîne Al-Manar en France, l’assassinat de Rafik Hariri, le nucléaire iranien.

Certes Meyssan est un homme de parti pris. De retour de son terrain d’enquête, il le confesse lui-même : «Je ne pouvais pas rester insensible à ce que j’ai vu. Je pense fondamentalement que chacun d’entre nous a une responsabilité devant les drames qui nous entourent. Je prends dès lors une position que j’explicite». Mais ce parti pris rejoint très souvent celui du bon sens lorsque par exemple il se refuse, à la différence des grands médias occidentaux, à mettre sur le même plan d’une part le pilonnage systématique par Israël d’une surface de 700 kilomètres carrés au Liban jusqu’à ce qu’il n’y reste plus pierre sur pierre, l’anéantissement des infrastructures d’un pays, résultat d’un plan d’agression délibéré, et d’autre part les quelques victimes civiles israéliennes des tirs de requêtes de représailles du Hezbollah.

L’auteur est aussi un homme qui a le sens de l’Etat et de la politique. Quand il expose les stratagèmes des alliés de Washington, et dissipe le rideau de fumée informationnel qui les recouvrent, c’est dans le souci de revenir aux fondamentaux de la science politique et de la diplomatie : «un art subtil où chaque acteur doit être d’autant plus prudent qu’il a beaucoup à perdre», où chaque Etat (y compris les Occidentaux) «entretient plusieurs fers au feu le plus longtemps possible», où «le triple jeu est la règle, non par hypocrisie mais par nécessité stratégique» (p.8). Il n’est guère étonnant, du reste, que le journaliste dédie son livre à son grand père, colonel et observateur militaire des Nations-Unies au Liban. C’est la tradition d’un regard militaire que perpétue le travail d’investigation de Meyssan, avec son sens aigu du réalisme, et peut-être aussi du courage et de l’honneur.

Le résultat de cette recherche importante est un exposé factuel, précis, hautement instructif, et utile au débat de notre époque. On signalera notamment à l’attention des lecteurs l’éclairage historique sur les racines protestantes anglo-saxonnes (depuis Cromwell) du projet de faciliter le retour des Juifs en Terre Sainte, projet solidaire d’une eschatologie religieuse à laquelle la France catholique ou laïque n’est guère familiarisée, et que Thierry Meyssan, en bon radical-socialiste, ne pouvait manquer de pointer du doigt. La production des cartes du redécoupage du Proche-Orient envisagé par certains stratèges états-uniens est aussi riche d’enseignements sur les ambitions que favorise l’actuelle suprématie militaire du Pentagone.

Le livre, comme la plupart des investigations «à chaud», comporte des aspects critiquables. Emporté par l’élan de ses démonstrations, l’auteur omet un peu trop souvent les notes de bas de page, ainsi que la citation de ses sources (dont on conçoit toutefois qu’elles doivent parfois rester secrètes). Ainsi Meyssan peut-il légitimement accuser sans renvoi à aucun document ni témoignage (même anonymisé) un ancien président d’avoir fait empoisonner son épouse (p.32), les services secrets israéliens d’avoir planifié un attentat contre un colonel libanais (p.136), des snipers israéliens d’avoir organisé une fusillade à Abidjan le 7 novembre 2004 ? Et, sur le fond, un lecteur prudent tiquera sur certains raccourcis comme celui qui consiste à identifier trop rapidement la politique du Conseil supérieur de l’Audiovisuel aux seules inclinations personnelles de son président en exercice, ou le saut périlleux idéologique qui conduit à voir dans la visite du Premier-ministre sud-africain en Israël, en 1976, les prémisses de l’organisation d’un «bantoustan» sioniste au Sud-Liban (l’occupation du Sud-Liban n’est-elle pas plutôt une occupation militaire «classique» d’un pays étranger voisin, comme celle du Cambodge par le Vietnam, sans grand rapport avec le système complexe de confiscation du pouvoir de la majorité à l’intérieur des frontières que constituaient les Bantoustans ?).

Sans doute ces petits problèmes formels, et des questions plus substantielles de fond sur les stratégies des protagonistes des guerres du Proche-Orient nourriront-ils des discussions pointues entre spécialistes. Mais le présent ouvrage de Meyssan a au moins le mérite de lancer un pavé dans la marre d’une thématique trop souvent verrouillée par une «pensée unique». En livrant une lecture engagée, mais claire et stimulante, il aide à démêler l’écheveau d’un actualité médiatique confuse et orientée, et permet au lecteur-citoyen de reprendre pied dans son époque, pour poursuivre par lui-même sa réflexion sur l’avenir d’une région du Globe où se joue une bonne part du destin commun de l’humanité.

Frédéric Delorca
 

Bejin

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on the blogs: Je viens de finir le livre, et devant un tel manque de rigueur dans les démonstrations et dans la méthodologie, les bras m’en tombent (pauvre naïf que je suis).

En préambule, le responsable du Réseau Voltaire se pose en observateur libre mais neutre, et en pourfendeur de la ligne éditoriale des journaux occidentaux qui accusent la Syrie de tous les maux du Liban, et y compris donc de l’assassinat de Hariri. Au contraire, Meyssan dédouane la Syrie de toute implication néfaste au Liban, et la montre comme la principale victime de cette «imposture». Il s’érige contre les «tout porte à croire que». Soit.

Pourtant, l’auteur n’est pas là pour faire une enquête, mais pour faire une démonstration à partir de faits divers et variés, prenant la responsabilité israélo-américaine comme postulat de base. Toute son argumentation, souvent savante et documentée, est construite de sorte à parvenir à la conclusion souhaitée, quitte à laisser de côté certains faits qui iraient à l’encontre de son hypothèse ou qui en tempèreraient l’impact.
Ainsi, concernant l’assassinat de Hariri, dont il accuse le Mossad ouvertement, Meyssan tape beaucoup sur Marwan Hamadé dont les déclarations hostiles à la Syrie illustrent selon lui la partialité du pouvoir en place à Beyrouth et son instrumentalisation totale par les Etats-Unis. Mais il ne rappelle jamais que ce proche de Hariri a lui-même été victime d’un attentat à la voiture piégée le 1er octobre 2004 dans lequel il a failli laisser sa vie, et qu’il a perdu également son neveu, Gébran Tueini, le 12 décembre 2005. Omission étonnante alors que Meyssan fournit mille détails par ailleurs sur chaque sujet abordé. Et dans la catégorie «omissions (in)volontaires», il y en a beaucoup d'autres.


Meyssan évoque également – sujet très intéressant – l’interdiction faite à Al-Manar (la chaîne affiliée au Hezbollah) d'émettre en Europe, en asseyant son argumentaire sur un faisceau d'informations se recoupant logiquement, puis sur des affirmations invérifiables, comme l’appartenance de Dominique Baudis (alors président du CSA) au groupe Carlyle, et donc manipulé par le consortium militaro-industriel américain. Cette démonstration – qui partait bien – tombe subitement à plat.


L’auteur en vient ensuite au contexte politique actuel au Liban, présentant les forces en présence. Meyssan décrit la coalition du 14 Mars menée par Siniora et Hariri fils (sunnites) comme contre-nature, car alliant le «socialiste Walid Joumblatt (druze) aux fascistes des Forces libanaises (chrétiennes)». Meyssan revient d’ailleurs à la fin du livre sur les FL fondées par les Gemayel dont il fait une biographie aussi rapide que stupéfiante: pour Meyssan, le patriarche de la famille, Pierre Gemayel, était un ami d’Adolf Hitler. Certes, Gemayel père est allé en Allemagne en 1936 et a été si impressionné par les défilés des jeunesses hitlériennes que le parti Kataëb (dont sont issues les FL) s’en est inspiré. Mais l’utilisation répétée des qualificatifs «fasciste» et «extrême droite» pour parler de cette partie des chrétiens maronites semble aujourd’hui plus que déplacée. Meyssan évoque même la rivalité entre Pierre Gemayel (le petit-fils) et Samir Geagea (le chef actuel des FL), sous-entendant – sans le dire explicitement donc – que cette rivalité pourrait être le mobile de l'assassinat du jeune ministre de l'Industrie le 21 novembre dernier. Bon, concernant le fascisme, prenons donc notre dictionnaire…

Définition du Petit Larousse illustré
FASCISME n.m. 1. Régime établi en Italie de 1922 à 1945, instauré par Mussolini et fondé sur la dictature d’un parti unique, l’exaltation nationaliste et le corporatisme. 2. Doctrine et pratique visant à établir un régime comparable, à des degrés divers, au fascisme italien.

En prenant cette définition au pied de la lettre, toutes les dictatures sont fascistes. En prenant celles de la région, nous n’avons pas à aller bien loin pour en trouver une… Certes, les Phalanges de Gemayel n’étaient pas des enfants de chœur, mais il faut les replacer dans le contexte politique très particulier de l’époque et ne pas occulter les autres acteurs en faisant une sorte d’angélisme de mauvais aloi. On est en droit de s’interroger quant à la «neutralité» de Meyssan devant un tel acharnement qui ne sert en rien sa démonstration sinon à stigmatiser le camp des gentils et celui des méchants. Les choses sont beaucoup plus compliquées que ça.

Sinon, notons en passant une coquille magnifique: l’orthographe du nom du président du Parlement libanais, rebaptisé dans le livre Nabib Berri. Pourquoi pas Nabab Berri (ce qui aurait été plus juste)? Bon, ça arrive à tout le monde de se tromper, mais celle-là est rigolote… Dans le genre drôle, il y a aussi le bilan de la guerre de juillet (qui ne l’est pas, lui), dans lequel Meyssan détaille l’infrastructure détruite au Liban, mentionnant les voies de chemin de fer. Personne ne lui a dit que les trains ne circulent plus dans ce beau pays depuis des décennies?

Bref. Le livre se conclut sur la situation présente au Liban. Hariri Junior et Siniora sont discrédités et haïssables car manipulés par les Etats-Unis et Israël, le Hezbollah glorifié, le général Emile Lahoud porté aux nues (je crois que j’ai dû rire jaune, là)… Dans les dernières pages, Meyssan commence un paragraphe par «Tout porte à croire que», et adopte finalement le même comportement que ceux qu’il accuse au départ. Résultat des courses: «L’effroyable imposture 2» ne fait absolument pas avancer le schmilblick. Ce qui était en fin de compte prévisible.

Alors, pourquoi avoir lu ce livre connaissant l’auteur et le probable raisonnement qu’il allait développer? Par acquis de conscience, par curiosité et pour casser les pieds de ma femme qui ne voulait pas dépenser 21 euros pour ça. J’aurais dû l’écouter… Comme d’hab, quoi!
 

DITOU

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الكاتب والصحافي الفرنسي تيري ميسان يكشف عن أسرار رهيبة‏
أمريكا وإسرائيل وراء اغتيال الحريري
تيري ميسان صحافي وكاتب سياسي فرنسي‏.‏ له كتابات جريئة خاصة فيما تعلق بمناهضة سياسة اليمين المتطرف‏.‏ وتبرز في هذا الإطار حملته الشهيرة ضد‏’‏ الجبهة الوطنية‏’،‏ الحملة التي استدعت تحقيقا برلمانيا كان وراء انشقاق حزب اليمين المتطرف في فرنسا‏.‏ ‏’‏ الأهرام العربي‏’‏ التقته علي هامش مؤتمر الإعلام الدولي الثالث لدعم الشعب الفلسطيني في دمشق المنعقد الشهر الماضي،‏ وحاورته بعد إصداره كتابا يشبه القنبلة بعنوان " تدمير لبنان،‏ السيطرة على الشرق الأوسط "،‏ وفيه يكشف مخطط اغتيال الحريري،‏ ودور المحقق الدولي ميليس،‏ واللاعبين الكبار في الساحة اللبنانية،‏ ودور اللبناني الأمريكي زياد عبد النور،‏ والسوري فريد الغادري الذي زار إسرائيل مؤخرا‏ وقدم خطابا في الكنيست يدعو فيه إسرائيل لشن الحرب علي بلاده سوريا...‏إلخ


تييري ميسان خلال ندوة صحافية في باريس، قدم خلالها كتابه الجديد " تدمير لبنان، الهيمنة على الشرق الأوسط ".
كان ميسان قد أصدر كتاب "‏ الخدعة الرهيبة "‏عن أحداث ‏11‏ سبتمبر 2001، ‏ يؤكد فيه أن هذه الأحداث تمت بتواطؤ مع مسئولين في الجهاز العسكري‏-‏الصناعي الأمريكي بغية إيجاد نظام عسكري توسعي‏.‏هذا المؤلف الذي أصبح أكثر الكتب انتشارا حول العالم بعد إصداره،‏ تمت ترجمته إلي سبع وعشرين لغة‏. تلاه كتاب آخر بعنوان " البانتكايت "،‏ وفيه يؤكد ميسان أن البنتاجون استهدف بصاروخ محكم وليس بطائرة ركاب مخطوفة كما جاء في رواية البيت الأبيض‏.‏
أصبح ميسان شخصا غير مرغوب فيه علي التراب الأمريكي عام2002‏، وبحسب إحدي إحصائيات الأمن الداخلي،‏ بتاريخ يونيو‏2005،‏ تم إصدار أكثر من‏3000‏ مؤلف في العالم لتأييد أو مناهضة أطروحة الرجل‏. ‏و في عام‏2005،‏ أصدرت وزارة الدولة الأمريكية كتيبا تصف فيه ميسان وجمعيته " شبكة فولتير" بالمصدرين الأساسيين للتشويه الإعلامي لصورة أمريكا في العالم‏. ‏
‏ أشرت في كتابك‏(‏ تدمير لبنان‏)‏ إلي أنه كان هناك تخطيط مسبق للحرب الإسرائيلية علي لبنان في يوليو‏2006‏ من أين أتيت بهذه الأسرار؟
في اليوم التالي لغزو العراق حددت الولايات المتحدة الأمريكية هدفها التالي،‏ وبتبني قانون محاسبة سوريا فوض الكونجرس الرئيس بوش لدخول الحرب ضد لبنان وسوريا في حالة الضرورة وترتب علي ذلك أن فرنسا قامت بحماية لبنان بالتفاوض علي القرار رقم‏1559،‏ ولكنها اختلفت مع سوريا في وقت كانت فيه هذه الأخيرة ترغب في أن تترك بلاد الأرز.‏ في هذه الأثناء صدر قرار الأمم المتحدة يحمل تفسيرين متناقضين وفقا لكل من باريس وواشنطن،‏ فبالنسبة للرئيس الفرنسي جاك شيراك فإنه كان لابد من تأكيد استقلال لبنان،‏ أما جورج بوش فكان علي النقيض يعمل علي إضعاف المناعة اللبنانية‏. ‏ وبالطبع في مثل هذه الحالات فإن المسألة تنتهي لمصلحة الأقوي،‏ أما الرئيس شيراك فقد اقترف خطأ من العيار الثقيل عندما وضع كل الثقل السياسي الفرنسي في لبنان علي عاتق شخص واحد هو رفيق الحريري رئيس الوزراء اللبناني الذي اغتيل في فبراير‏.2005‏
ومنذ تلك اللحظة تم تعديل مشروع الحرب للمرة الأولي وعهدت الولايات المتحدة وفقا للقرار‏1559‏ بالعمليات العسكرية ضد لبنان إلي إسرائيل‏.‏
والمفارقة أن أنصار المواجهة مع لبنان قاموا‏ باستبعاد رفيق الحريري حتي يتم استبعاد فرنسا من اللعبة،‏ وأملا في إشعال الرأي العام اللبناني ضد سوري،ا عبأوا الجماهير وشنوا حربا نفسية علي الوجود السوري في لبنان‏.
‏ لكن الأمور لم تسر كما كان متوقعا،‏ ودون أن نخوض في روايات كثيرة،‏ فإن سوريا انسحبت تلقائيا من لبنان،‏ حيث قامت بإعادة نشر قواتها العسكرية نزولا عند رغبة اللبنانيين،‏ وهنا تم تعديل المشروع مرة أخري،‏ حيث قرروا أن الحرب لا يمكن أن تشن إلا علي لبنان وحده‏. ‏
‏ أشرت أيضا إلي إسم فريد الغادري وهو شخصية سورية معارضة كان مثار جدل كبي،‏ وقد اختفي من الأحداث الجارية‏..‏ ما الدور الذي لعبه في قانون المحاسبة السوري؟
الولايات المتحدة وضعت خطة بموجبها تنتقل من لبنان بعد تدميره في الحرب الإسرائيلية إلي احتلال سوريا نفسها،‏ وقد اصطحبت معها حكومات بديلة تشكلت في واشنطن بجنسيات مزدوجة،‏ كما فعلت في أفغانستان مع دميتها حامد قرضاي،‏ وفي العراق مع أحمد الجلبي،‏ وإياد علاوي،‏ وكان من المتوقع أن يقوم زياد عبدالنور بحكم لبنان وفريد الغادري بحكم سوريا،‏ وهذا الأخير صهيوني مسيحي كان يعمل في مشاريع التسليح المتعلقة بالبنتاجون،‏ وعضوا ناشطا في المنظمات الرئيسية الصهيونية في الولايات المتحدة الإيباك،‏ والجينسا،‏ وقد قام بتكوين حزب سياسي سوري في الولايات المتجدة،‏ وأطلق إذاعة موجهة نحو سوريا من قبرص،‏ وقد حاول دون جدوي تكوين اتحاد فيدرالي من المعارضة السورية،‏ لكنه فشل بسبب عدم مصداقيته،‏ وتلك مشكلة تعود إلي المخابرات الأمريكية،‏ فالأشخاص المستعدون لتشكيل حكومات ائتلافية علي حساب مصالح أحزابهم لا يمكن أن يكونوا وطنيين،‏ ونهايتهم لا تؤدي إلي الطريق الديمقراطي‏. ‏ وفي البداية كان نشاط أمثال هؤلاء ويعمل ضمن منظومة الإطاحة بالأنظمة الموالية لروسيا في أوروبا الشرقية ،‏ ووقفت وراءهم كل من مؤسسة الوقف الوطني الديمقراطية الأمريكية،‏ ومعهد السلام الأمريكي،‏ وهاتان المؤسستان بدأتا تبديان اهتماما ببقية العالم.‏ وفي يناير‏2004‏ قام بوش بمضاعفة ميزانية مؤسسة الوقف الوطني للديمقراطية بهدف واضح وهو تحويل كل الأعداء إلي تابعين‏. ‏
‏ إذا كانت مؤسسة الوقف الوطني للديمقراطية التي قام بتأسيسها الرئيس الأمريكي الأسبق رونالد ريجان للإطاحة بالحكومات التي تعارض السياسات الأمريكي،‏ فإننا نعرف أن هناك كثيرا من المنظمات غير الحكومية في الشرق الأوسط مولتها هذه المؤسسة فهل يمكن القول إن الغالبية العظمي من هذه المؤسسات ذات صلة بالمخابرات المركزية الأمريكية؟
بعد فضائح سنوات السبعينيات،‏ اهتزت تماما الثقة في المخابرات المركزية الأمريكية،‏ وجاء المحافظون الجدد تحت رعاية ريجان،‏ وطرحوا فكرة تشكيل جهاز تدخل جديد،‏ بدلا من تنظيم انقلابات عسكرية واغتيالات سياسية،‏ من خلال هذا الجهاز تقوم الولايات المتحدة بالتسلل إلي الحركات السياسية والنقابية وتدميرها من الداخل.‏ من هنا تشكلت مؤسسة الوقف الوطني للديمقراطية علي هامش وزارة الخارجية الأمريكية،‏ ومعهد السلام الأمريكي علي هامش وزارة الدفاع،‏ وبالفعل شكل هذان الكيانان الذراع المرئي لجهاز المخابرات الأمريكية،‏ وقد عملا أولا في أوروبا الشرقية،‏ ثم في أوروبا الغربية، حتي داخل فرنسا،‏ حيث كانت مؤسسة الوقف ومعهد السلام يقومان بتمويل الأحزاب السياسية بصورة غير قانونية‏. ‏ عندما ضاعف بوش ميزانية مؤسسة الوقف الوطني للديمقراطية في يناير‏2004‏ كان يهدف إلي السيطرة علي كل المنظمات السياسية والنقابية في العالم العربي،‏ والوقف الديمقراطية كمؤسسة قامت بتكوين عدد من المنظمات الأهلية،‏ وقدمت المنح الوفيرة للمنظمات الأهلية الموجودة بالفعل في العالم العربي،‏ وهو نظام مؤذ تماما،‏ وهؤلاء الأشخاص يظهرون دائما في صورة ودود ولا يطلبون شيئا في مقابل مساعداتهم،‏ لكنهم لا يتوانون عند الضرورة عن خلق المشكلات لمجتمعاتهم وفرض أجندتهم،‏ ويظهرون وكأنهم مجاهدون في إثارة الموضوعات الثانوية،‏ ويدفعون إلي مقدمة الأحداث بأشخاص يفضلونهم عبر وسائل معروفة لديهم‏.‏ لكن لا يمكن أن نتهم الأشخاص الذين يقبلون المساعدة من مؤسسة الوقف الوطني للديمقراطية بأنهم يعملون لمصلحة المخابرات المركزية الأمريكية،‏ بل نؤكد أن بعضهم بحسن نية يتم وضعهم في موقف لا يتوانون فيه عن استخدامهم ضد مصالح بلادهم،‏ وفي حالة مصر فإن موسسة الوقف الوطني للديمقراطية تهتم بالتسلل داخل النقابات المهنية تحديدا‏.

‏ هل كان القرار‏1559‏ بالفعل مقدمة لما أسميته بـ ’تدمير لبنان’ في كتابك ثم التوجه نحو سوريا،‏ ولماذا تصمم علي وجود علاقات بين رفيق الحريري وجاك شيراك،‏ هذا السؤال يحتاج إلي إجابة دقيقة؟
ركز الرئيس الفرنسي علي ألا تكون له مصالح شخصية أو يثير صراع مصالح،‏ وأنا هنا لا أريد أن أقوم بتأكيد أن هناك علاقة بين آل الحريري وشيراك،‏ أو أنهم كانوا يديرون ممتلكات خاصة،‏ لكنني أتساءل عن مغزي الهدايا التي قدمها آلـ الحريري إلي شيراك علي سبيل النفقات،‏ من بينها المجوهرات التي تعد الأغلي في العالم والشقة التي يقطنها شيراك بالفعل في باريس الآن‏.

‏ هل تفسر أن عمق العلاقة الشخصية بين الحريري وشيراك أنها قادت إلي التحول في العلاقات بين فرنسا والموارنة في لبنان؟
جاك شيراك وضع مصالح الحريري كأنها تعادل مصالح فرنسا بالنسبة للبنان،‏ وبذلك فقد تجاهل كل الأدوار الأخري لآخرين،‏ وفيما يتعلق بالموارنة وهم همزة الوصل التقليدية للنفوذ الفرنسي في هذه المنطقة منذ عدة عقود،‏ فإنه رفض مناقشة الأمر مع ميشيل عونوالذي كان منفيا في فرنسا لمدة‏15‏ عاما،‏ وقد منع أي اتصال مع الرئيس اللبناني إميل لحود علي الرغم من أنه رئيس الجمهورية،‏ وعلي النقيض فقد حافظ علي العلاقات مع الكتائب والقوي اللبنانية،‏ أي مع أقلية صغيرة تشكل الحزب الناشئ الأخير في البحر المتوسط‏. ‏
‏ وفقا لك‏..‏ هل يعلم جاك شيراك تحديدا هوية قتلة الحريري؟
لا‏..‏ لقد عايش جاك شيراك وفاة صديقه رفيق الحريري كما لو كانت دراما شخصية،‏ وبصورة ما‏..‏ تم اعتباره بصورة غير مباشرة مسئولا عن هذا الاغتيال،‏ وقد أصبح محط ريبة كل العالم‏. ‏
‏ آنت تؤكد أن الولايات المتحدة وإسرائيل مسئولتان عن اغتيال الحريري‏..‏ علي ماذا تعتمد في توجيه هذا الاتهام؟ ‏
وفاة الحريري كانت نتيجة حتمية لتحقيق الخطط الأمريكية في المنطقة،‏ فالولايات المتحدة وإسرائيل وحدهما لديهما مصلحة في ارتكاب هذه الجريمة،‏ فهي بالعكس أحرجت سوريا.‏ ونلاحظ أن الولايات المتحدة تصرفت بمنتهي التسرع الذي يكشف أنها كانت تعلم مسبقا بتاريخ وساعة الاغتيال،‏ علي الأقل هي مذنبة من خلال عدم المساعدة‏.‏ والدليل علي ذلك أن اللجنة الأمريكية من أجل لبنان حر التي يترأسها زياد عبدالنور قامت بشن حملة إعلامية في الدقائق التالية لاغتيال رفيق الحريري‏,‏ وأذكر بأن هذه الجماعة تم تكوينها من أجل تشكيل حكومة إحلال موالية للولايات المتحدة، تقوم بإحلالها البحرية الأمريكية بعد رحيلها من الشواطئ اللبنانية،‏ ووفقا للكيفية التي تم بها وضع المشروع،‏ فإنه كان من المقرر أن تتولي هذه الجماعة السلطة من خلال ثورة برتقالية‏. ‏ وفي الدقائق التي تلت الانفجار في بيروت،‏ حيث كان الوقت ليلا في واشنطن،‏ فإن اللجنة الأمريكية من أجل لبنان حر زعمت أنها أيقظت قياداتها،‏ حيث عقد المكتب السياسي اجتماعا ومرروا نشره،‏ وقد علمت هذه الجماعة أن الضحية الرئيسية في هذا الاغتيال هي رفيق الحريري،‏ في حين كانت وكالات الأنباء تسرد وقائع الانفجار،‏ لكنها لم تحدد الهدف الأكيد من الاغتيال،‏ وقد قامت ببث نشرتها عبرالبريد والفاكس إلي وكالات الأنباء والصحف الكبري في العالم بأكمله بفضل قوائم تم إعدادها مسبقا ووسائل نشر مهمة تم تحديدها منذ فترة طويلة بشكل جعل العديد من وسائل الإعلام يحصل علي خبر وفاة الحريري من خلال هذا الفاكس وليس من خلال وكالات الأنباء‏. ‏ بكل تأكيد فإن نشرة اللجنة وصفت الحريري بأنه ولي نعم لبنان،‏ وأن سوريا شريك في وفاته،‏ والصحفيون في جميع أنحاء العالم والذين يجهلون الشأن الداخلي اللبناني لم يبحثوا عن التدقيق في منطق اللجنة،‏ وبإلقاء نظرة سريعة علي موقع هذه المنظمة علي الإنترنت،‏ والذي تم وضعه بعدأسبوع من الحادث كانوا قد وجدوا نقدا لاذعا ضد الحريري والمطالبة بقتله،‏ ولأن اللجنة الأمريكية من أجل لبنان حر مثل كل امتدادات المخابرات المركزية الأمريكية كانت تأمل في وفاة رئيس الوزراء الأسبق واتهام سوريا ثم ذرف دموع التماسيح‏.

‏ ماذا تريد أن تقول عندما تؤكد أن‏7‏ فبراير‏2005‏ هو آخر يوم لابتزاز سوريا من أجل إخراجها من لبنان، ما العلاقة مع حادثة‏14‏ فبراير؟ ‏
قبل البدء في عملية اغتيال الحريري،‏ وقبل أن يقوم بتنفيذها آخرون، قامت الولايات المتحدة بتوجيه إنذار إلي سوريا.‏ وفي‏7‏ فبراير‏2005‏ قامت باستدعاء السفير السوري في واشنطن وطالبته بسحب قواتها من لبنان والتوقف عن تدعيم المقاومة في فلسطين ولبنان والعراق، وقد تبع الرفض السوري التنفيذ الفوري لعملية الحريري‏. ‏
‏ في هذا السياق أنت تذكر إليوت إبرامز وديفيد ساترفيلد، ما مسئوليتهما فيما حدث؟
السفير ساترفيلد هو الذي وجه الاتهام إلي سوريا،‏ وإليوت إبرامز هو الذي أشرف علي هذا الملف‏. ‏
‏ قلت إن الدبلوماسيين والعسكريين المصريين أصروا علي عدم اتهام سوريا،‏ لماذا اختفي هذا الصوت في زوبعة الأحداث علي عكس الأصوات العربية الأخري؟
في هذا الشأن كما في المسائل الأخري مثل‏11‏ سبتمبر، تقوم مصر بالتوصل إلي تحليلات منطقية ومثيرة للجدل في حين أن العديد من الأصوات الأخري تغرق في الانفعال واللامنطق وهذه الخاصية الدائمة هي التي تسمح للدبلوماسية المصرية بالاستمرار في لعب دور مركزي في المنطقة،‏ ولكن في وضع القوي الحالي،‏ فإن مصر ليست لديها الإمكانية لأن يتم سماعها إعلاميا في مواجهة تشويش الدعاية الأمريكية الذي يعم الأذن الآن‏.
‏ ‏ مروان حمادة، الرجل التالي بعد وليد جنبلاط، أكد أن الأمر يتعلق بجناية فظيعة مسئولياتها معروفة بدأت في دمشق مرورا بالقصر الرئاسي اللبناني في بعبدا والحكومة اللبنانية والمخابرات اللبنانيةهذا الاتهام رسمي فهل تمت برمجته مع الاغتيال‏!

لا يوجد شيء يؤكد أن مروان حمادة كان متآمرا مع المغتالين ولكنه نطق بهذا الإعلان بعد‏4‏ ساعات فقط من الاغتيال،‏ فحتي مع وجود مبرر من الانفعال لا يمكن أن نتهم أي شخص بالقتل،‏ فتصرفه كان بدون إثبات ولا يمكن استخدام ألم أسرة القتيل كدليل إثبات لاتهام خصومه السياسيين‏.
‏ ‏ أنت توصم المحقق ميليس بالعار وتتهمه بالاستعمارية القضائية، ماذا تريد أن تقول بذلك؟
لقد تم استقبال دتيليف ميليس باعتباره رئيس بعثة الأمم المتحدة لأنه له علاقة بأحد الأطراف في هذه القضية،‏ وبصفته محققا ألمانيا فقد قاد التحقيق في حادثة الديسكوتيك لابيل عام‏1986‏ بشكل أسند فيه الجريمة زورا وبهتانا إلي ليبيا،‏ وتبرئة الولايات المتحدة من ضرب مقر القذافي.‏ في عام‏1995‏ طالب باستجواب جوهانس فينرش الذي جاء في المرتبة الثانية بعد كارلوس في حادثة اختطاف وزراء الدول المصدرة للبترول‏(‏ الأوبك‏)‏ عام‏75‏ في النمسا،‏ وقد ظهر بأنه الذراع المنتقمة لواشنطن،‏ ثم عمل دتيليف ميليس في مراكز فكرية أمريكية مثل مؤسسة راند والوينيت ومنذ وصوله إلي لبنان تخطي ميليس تفويضه،‏ إذ كان يجب عليه أن يقدم المساعدة إلي العدالة اللبنانية، ولكنه علي النقيض احتقرها وحل محلها.‏ وفيما يتعلق بتقديمه باعتباره رئيس لجنة التحقيق التابعة للأمم المتحدة،‏ وهو ما لم يكنه لأنه لم توجد بعثة تحقيق ثابتة للأمم المتحدة،‏ وبأي حال من الأحوال فقد طالب بأن يرد له الموظفون اللبنانيون اعتباره،‏ وقد رفض أن يتبع القانون الجنائي اللبناني،‏ وهو ما يتعلق إذن باستعمار قضائي والهدف من ذلك هو تبرير اعتداء مزعوم قامت به سوريا مع إسناد التهمة إليها‏.‏ ومع ذلك فإن ديتليف ميليس لقي إعجاب جهاز المخابرات السورية التي تركته في مهب الشهادات الزور دون التفوه بكلمة قبل كشف القناع عنها بفظاظة وبالتالي إسكاته‏. ‏
‏لقد أشرت إلي أن الأشخاص الذين قاموا بمحاولة اغتيال حسن نصر الله هم عملاء في الموساد، لمن ينتمون ولماذا لم يتم كشف تفاصيل هذه القضية؟
لقد توقع أعداء لبنان استبعاد حسن نصر الله أيضا لكنهم فشلوا وتم إيقاف الفريق الثاني،‏ إلي هنا لا يوجد شيء يثير الدهشة إلا أن القتلة قام بتسلحيهم سليم دياب رئيس ميليشيا عشيرة الحريري‏.‏ بكلمات خري إن آل الحريري لا يرون أن أصدقاءهم الأمريكيين والإسرائيليين يريدون تدمير بلادهم وأنهم أمروا بقتل رفيق وهم مناورون ويلعبون ضد بلادهم وفي النهاية ضد أنفسهم‏.

‏ لقد كان لليسار الفرنسي، في سنوات الخمسينيات والسبعينيات، وجودا قويا في الشرق الأوسط لكنه تلاشي في الوقت الحالي، بماذا تفسر ذلك؟
لأنه لا يوجد يسار فرنسي،‏ والحزب الاشتراكي عبارة عن تجميع لأفراد يكرهون بعضهم البعض،‏ ولديهم وجهات نظر متنافرة،‏ وهو يضم حلفاءه أثناء غرقه،‏ ومنذ انهيار الاتحاد السوفيتي تغير العالم،‏ وتغيرت رقعة الشطرنج السياسية الفرنسية، وفي جميع أنحاء العالم نري أن خطوط الفواصل تغيرت،‏ فلا يتعلق الأمر بالاختيار بين اقتصاد السوق أو الجماعية ولكن ما بين هيمنة الولايات المتحدة أو المقاومة،‏ وإذا كان قد تم اختيار نيكولا ساركوزي رئيسا لفرنسا لأنه تأكد باعتباره تجسيدا لهذا الخط الجديد،‏ وهو قائد الموالين للولايات المتحدة لا يوجد في مقابله معسكر تأسيس. وقد انضمت إليه شخصيات من اليسار الموالي للولايات المتحدة مثل برنار كوشنر، في حين أن شخصيات اليمين المناهضة للإمبريالية لا تعرف أين يذهب‏.
‏ يجب أن نعيد التفكير تماما في الانشقاقات السياسية وهو ما يفسر تأسيسي لمؤتمر " محور من أجل السلام " الذي يضم مفكرين ودبلوماسيين وعسكريين ورجال سياسة من كل البلاد لتأكيد القيم الإنسانية في مواجهة مشروع المحافظين الجدد، للتذكير، فإن‏ الدورة المقبلة للمؤتمر ستقام في شهر نوفمبر المقبل في الشرق الأوسط‏.
‏‏ لماذا احتاجت فرنسا إلي سياسة عربية نحو تدعيم مواقف اليمين الإسرائيلي؟
لا أعتقد أن الوضع علي هذا النحو الآن،‏ ولكني أعتقد أنه منذ انهيار الاتحاد السوفيتي، فإن فرنسا تنحني أمام الولايات المتحدة باتباع سياستها،‏ ومن المؤكد أن تصريحات القادة الفرنسيين ليست براقة ولكن أفعالهم شجاعة عادة‏.‏ فقد كانت فرنسا ضد غزو العراق وتفاوضت في قرار‏1559‏ ومنعت اعتداء أمريكيا على ليبيا وسوريا وقامت بحماية نشر مقاومة حلف الأطلسي علي الحدود الإسرائيلية في أغسطس‏2006‏ أثناء وبعد الصراع،‏ وأيضا تمنح الامتيازات لعشيرة الحريري. ومع الأسف فإن وصول نيكولا ساركوزي إلي مقر الإليزيه يعرض فرنسا للخطر بإسباغ المنطق علي الأحداث وألاحظ ذلك مثلكم بكل حذر‏.
‏‏ لقد نشرت في الملحق خرائط عن الشرق الأوسط الجديد، ما مصدركم وهل سيتم تقسيم لبنان إلي دولة مارونية وأخري درزية؟
مشروع تقسيم لبنان إلي ثلاث مناطق ليس جديدا،‏ فقد خطط ديفيد بن جوريون لضم الجنوب وبتكوين دولتين صغيرتين طائفيتين مارونية ودرزية،‏ إلا أن الولايات المتحدة قررت الذهاب أبعد من ذلك فهي تريد تصغير حجم كل الدول في المنطقة بحيث لا يكون لديها الوسائل لمقاومتها‏.‏
والخرائط التي قمت بنشرها تمثل الانعكاس الفعلي للدولة العظمي ذات الأسلحة المشتركة للولايات المتحدة،‏ وقد قام بنشرها الكولونيل بتيرز في صحيفة القوات المسلحة،‏ وهي ليست نهايته إلا أنه تمت مناقشتها منذ فترة طويلة لتنقيحها وهو ما نطلق عليه المرور بمرحلة إعادة تشكيل الشرق الأوسط الكبير من خلال حرب أهلية.‏ وبالتالي فإنه من الضروري معارضة كل ما يؤدي إلي تقسيم العالم العربي الإسلامي وإضعافه والحنين إلي توحيد الدول‏.‏ وانزلاق المعارضة الشيعية السنية من السياق اللاهوتي إلي السياسي يعد خطيرا،‏ والذين يشتركون في ذلك يتحملون مسئولية كبيرة،‏ ففي مواجهة آلة حرب واشنطن وتل أبيب يجب أن يتوحدوا من أجل المقاومة


عن جريدة الأهرام المصرية.
حاوره مهدي مصطفى.
 

Ignatius

Active Member
Thierry Messan, c'est quand même le mec qui a dit et écrit que les jufs avaient organisé les attaques du 11 septembre
C'est une sorte de Hoax vivant à lui seul
Ca veut pas dire que ce qu'il dit est faux, ça veut juste qu'il faut le lire avce des pincettes très très longues
 

coralie

Legendary Member
well after reading this analyse and lots of other articles and analyse from different sides i can only say : il n'y a pas de fumee sans feu .
a bon entendeur salut !
 

Ignatius

Active Member
Pas de fumée sans feu n'est pas un vrai principe fiable car je peux faire plusieurs rumeurs et générer de la fumée et tu en concluras qu'il y a peut êtr eun feu.
Par exemple : beaucoup ont parlé de discensions au sein du CPL, peut on en conclure qu'il n'y a pas de fumée sans feu ? Idem ces jours ci au sein du Mouvement du Futur. Autre cas : les attentats de 83 sont dus au HA, est ce que c'est vrai jusqte parce qu'ON le dit souvent ?
 
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