Living in France under Macron

Indie

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No one is creating a global 'federation', so your 'fact' is irrelevant.

Centralization is unnecessary to a group of nations negotiating a climate deal, for example.

All of what we know about power and its pursuit corroborate the fact that a central world government is not possible, because sovereign national actors will never willingly relinquish their power to someone else. The UN/US perpetual conflict is an illustration of that.



The practiced speech above, yet again, dismisses nuance of a much more complex subject in favor of routine talking points. Not sure why you rely too much on dichotomies in the presentation of the above argument (?).

"The people in positions of political power are the same people running multinational corporations, in a system of revolving door politics." -- For one, what or who are you arguing against? Surely not against anything I've written. Second, that statement is highly inaccurate; while the phenomenon ("revolving door") exists to some degree, your presentation of it can at best be described as over-exaggeration, and at worst be called a hasty generalization. There are so many other actors besides MNCs all vying for the juggernaut that is called political power. These actors are often in roles that not only conflict with what MNCs hope to achieve, but also ultimately ends up balancing the power of MNCs. Not to mention that MNCs can be at conflict with one another over what regulations to pass in a particular country and what regulations to scrap. The fact that any kind of regulation exists in any industry is proof that political power isn't solely in the hands of MNCs as your statement claims.

"Multinational corporations are primarily concerned with profits, not social justice." -- Again, who are you arguing against? The dichotomy you present assumes that profit, even MNCs, carry a negative connotation. That is not so. It also ignores the elephant in the room: social justice can be profitable and consumer preferences often drive the market (actually it depends on how the market is doing, and each side drives the market at different times).

"For this reason, multinational corporations favor more centralization (one centralized government is easier to deal with and control than multiple local governments)" -- this conclusion does not follow your other points. The logical connection you attempt to draw is not there. For all intents and purposes, MNCs do not have the power to create a centralized world government because their power is offset by so many other state and non-state actors including but not limited to: some MNCs, national governments, NGOs, NPOs, academics and professionals, the media, the common people... all of which may be opposed to that idea.

The push towards a global system of governance, in the sense I described in my previous post, is also not exclusive to MNCs. The other actors listed above are in favor of it for one reason or another, while others of the same category may be opposed for different reasons. Existence of MNCs is important and has many advantages both to first and third world countries, but their existence should be regulated to a certain degree and not left to roam freely.

In our world today, there is the kind of global governance that I am describing, not the one you are. If MNCs at their height could not achieve a centralized world government, they're unlikely to do so when they're in retreat. Not that there's any evidence they even tried...

None of this long post of yours addresses what I'm telling you.

Whether these people can or cannot achieve a centralized world government is irrelevant. We are talking about what they're attempting to do...not whether they have the ability to do it.

They might not be able to go all the way, but they are pushing the project as far as they can.

And, of course, there are actors who will stand against it. We never denied that. That's why we supported Le Pen's nationalistic stances, for example.

Lastly, a world government doesn't have to be a clean cut thing. They can keep national governments in place and simply work to have their own people elected in those governments...just like they did with Macron...for example, by influencing public opinion through the mainstream media, that they mostly own.

The image of a sci-fi movie type "world government" that you are attributing to us exists only in your head. In reality, things are a lot more subtle. But the consequences are just as disastrous.
 

Indie

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And there is worse.Here is what they promote and militate for:


Migrants :
Donnons-leur un passeport européen !


Le président d’ESF, dans une tribune publiée dans lemonde.fr et reprise par Slate et par BHL, a proposé que les migrants admis sur le territoire d’un Etat européen reçoivent un « passeport européen », pour matérialiser leur droit à la libre circulation sur le territoire européen.

La tribune sur lemonde.fr - Version PDF
Bernard Henri-Lévy sur ITélé

I don't even know what to say, at this point...
 

Indie

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Le nouveau premier ministre français, M. Édouard Philippe, fut directeur des affaires publiques d'Areva de 2007 à 2010. En 2007, le groupe français rachète l'entreprise UraMin en République centrafricaine. L'enquête de Juan Branco consacré à cette étrange affaire est désormais en accès libre.




LES ÉTRANGES AFFAIRES D’AREVA EN AFRIQUE

Aux sources du scandale UraMin

Championne mondiale du nucléaire, Areva peine à sortir de la tourmente. Aux inquiétudes sur l’avenir de la filière depuis l’accident de Fukushima s’ajoutent les retards des réacteurs de troisième génération en Finlande et à Flamanville. Mais, surtout, l’entreprise publique française est mise en cause pour des investissements suspects dans trois gisements d’uranium africains.

par Juan Branco

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Materiel et commerce abandonnés sur le site minier de Bakouma après le départ d’Areva
(reportage photographique réalisé par l’auteur en août 2015)
C’est une fine rivière rouge sang qui traverse un empire de verdure. Cent trente-quatre kilomètres de piste oubliés de la modernité et du monde. Tracée en toute hâte il y a cinq ans par d’immenses machines, la route en latérite brûlante relie Bangassou à Bakouma, en République centrafricaine. Elle devait apporter la prospérité à tout le pays — l’un des plus pauvres du monde —, la fortune à ses travailleurs, et de l’énergie pour un siècle à la France. On lui avait promis qu’elle deviendrait l’aorte d’un Nouveau Monde, conçu en toute hâte entre l’Afrique du Sud, Toronto, Paris et les îles Vierges. Aujourd’hui dévorée par une végétation féroce et insatiable, criblée de crevasses, colonisée par les papillons et les fourmis rouges, elle ne nourrit plus que le silence — et l’un des plus grands scandales industriels du siècle naissant.

On accède à Bakouma depuis Bangui, la capitale. Après deux jours de voyage au milieu de la misère et des groupes armés, il faut encore passer quelques heures sur une motocyclette sujette aux pannes. Une chaussée toujours plus étroite, les branches, l’humidité et un soleil de plomb forcent en définitive à mettre pied à terre pour traverser les derniers fleuves, rivières et ruisseaux qui nourrissent la forêt vierge de la préfecture de Bangassou. Enfin apparaît un ensemble de cases faites de la même terre que le sol, aux toits couverts de branches sèches et aux intérieurs garnis de lits sans matelas. Un lieu sans odeur ni couleur particulière, que le soleil habite de 6 heures du matin à 6 heures du soir toute l’année; un lieu dont l’autarcie est régulièrement rompue par un flot d’étranges pèlerins arrivant les yeux pleins de lucre et repartant toujours asséchés, repoussés par le poison doré qu’ils recherchaient. Un lieu encerclé par un minerai qui avait promis à l’Occident l’éternité et qui prend chaque jour un peu plus la forme de son ultime malédiction : l’uranium. Ces cases abritent les secrets de l’effondrement du plus grand groupe nucléaire du monde : Areva.

Huit millions de dollars versés au Trésor centrafricain
En 2007, le groupe français avait racheté l’entreprise UraMin, détentrice depuis l’année précédente des droits miniers de Bakouma (voir «De promesses en abandon»). La «découverte» (lire «Une mine connue de longue date») d’immenses gisements d’uranium dans l’est de la Centrafrique avait suscité de tels espoirs que le général François Bozizé, qui présidait alors aux destinées du pays, exigea d’Areva la construction d’une centrale nucléaire près d’un village où n’étaient encore arrivés ni l’eau potable, ni l’électricité, ni le téléphone. Les dirigeants du groupe préférèrent montrer les plans d’écoles, de stades et d’hôpitaux qu’ils s’apprêtaient — disaient-ils — à construire dans la région pour un montant qui aurait dû atteindre le milliard d’euros.

Assorti d’importants bonus financiers, l’accord signé le 10 août 2008 permit le décaissage un mois plus tard de 8 millions de dollars versés au Trésor centrafricain, en provenance des fonds spéciaux de l’entreprise française. Les voitures, avions et engins de construction géants envahirent peu après une capitale habituée au rythme précautionneux et engourdi des trafiquants de diamants. Un peu plus de cent employés furent recrutés à travers le pays, l’université de Bangui fut mobilisée pour former des géologues et des topographes. Le «général» lui-même se rendit en mars 2011 dans le petit village de Bakouma pour annoncer l’arrivée des temps glorieux.

L’étrange rêve qu’avait fait naître Areva a rapidement pris l’allure d’un des cauchemars habituels de la mondialisation. À Bakouma, les premiers salaires frôlaient à peine les 70 euros par mois, pour des journées de treize heures, sept jours par semaine, «sans pause déjeuner», précise M. Sylvain Ngueké, un ancien foreur : «Nous n’avions droit qu’à un jour de repos toutes les deux semaines, passé sur le site minier lui-même, sous une chaleur intense et soumis à ces rayonnements radioactifs permanents.» Le cadre centrafricain le mieux rémunéré, le directeur adjoint du site, touchait «700 000 francs CFA [environ 1 050 euros] par mois», indique un autre ancien membre du personnel, qui lutte depuis trois ans à Bangui pour obtenir des indemnités de licenciement.

Huit ans et une guerre civile plus tard, M. Bozizé est parti en exil, le gisement de Bakouma a été abandonné, l’espérance de vie ne dépasse toujours pas 50 ans dans le pays et le produit intérieur brut par habitant, 350 dollars. Les routes, les hôpitaux et les écoles promis n’ont jamais été construits. Le ventre gonflé, des dizaines d’enfants souffrant de malnutrition sévère hantent les cases en terre cuite d’un village qui n’avait jamais connu la faim et qui vient de perdre son dernier médecin. L’électricité, l’eau potable et le réseau téléphonique, qui y avaient brièvement fait leur apparition, ont complètement disparu.

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Juan Branco
Le basculement est intervenu en 2012, à la veille de l’élection présidentielle française. Comme tous les premiers dimanches du mois, après avoir pris une avionnette pour parcourir les huit cents kilomètres qui séparent Bakouma de la capitale du pays, M. Gianfranco Tantardini, dit «le géant», se rend à la messe de la paroisse. Ancien officier de marine italien naturalisé français, ce colosse au crâne rasé d’une cinquantaine d’années, qui fume cigarette sur cigarette, a commandé entre 2002 et 2004 un sous-marin nucléaire d’attaque. Il entre dans l’église financée par l’Opus Dei espagnol, s’installe sur une banquette en bois sans dossier, entouré de ses ouvriers et de leurs familles, et suit pieusement la cérémonie.

La maire de Bakouma, Mme Eugénie Damaris Nakité Voukoulé, se souvient parfaitement de ce grand homme munzu — blanc — qui a dirigé en 2011 et 2012 le site minier de son village. Celui-ci employait 133 personnes, dont 127 Centrafricains. Elle se souvient surtout de ce jour où, à l’issue de la messe, M. Tantardini a réuni l’ensemble des personnels du site pour leur annoncer, après un long silence, que Bakouma serait «mis en sommeil». Peu après le rachat d’UraMin par Areva, ses représentants avaient promis aux employés cinquante ans de travail, et leur avaient fait signer des contrats qui prévoyaient augmentations et primes régulières.

«Bip, bip, bipbipbipbip…» Le compteur Geiger crépite. À travers les hautes herbes, les chemises se détrempent et la respiration devient difficile. 35, 36, 37… 40 degrés. Le camp minier de Bakouma ressemble au no man’s land de Stalker, le film d’Andreï Tarkovski : un espace maudit où verdure, ruines et rouille se mêlent en un amas de moins en moins différencié. Quarante ans d’expéditions faillies et de relations françafricaines se concentrent dans cette immense cuvette radioactive où une épaisse couche de boue et de feuillages a déjà recouvert les constructions abandonnées il y a moins de quatre ans. À terre gisent des centaines de boîtes en plastique qui ont servi au stockage d’échantillons de minerai, tandis que, quelques mètres plus loin, des sacs hermétiques en aluminium jonchent le sol. Utilisés pour transporter des morceaux de minerai radioactifs, ils n’ont jamais été évacués par Areva et sont aujourd’hui tous éventrés : «Les Peuls les ont probablement confondus avec des sachets d’alimentation», nous dit un ancien foreur ayant travaillé sur place.

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Juan Branco
Des opérations aussi délicates et essentielles que l’enfouissement des déchets radioactifs, la décontamination des infrastructures et la sécurisation d’un site qui pourrait se révéler fatal pour les populations environnantes n’ont jamais été menées. En violation des règles les plus élémentaires, aucun panneau d’avertissement, aucune barrière n’en interdit l’accès. Lorsqu’on s’aventure sur le principal gisement, les rayonnements sont omniprésents. Au-dessus de déchets radioactifs abandonnés tels quels au milieu des champs, entre une petite plantation de maïs et un troupeau de zébus, les doses mesurées représentent quarante fois l’irradiation naturelle de la région (1) et dix-sept fois les doses maximales autorisées en France pour les employés du nucléaire. Les infrastructures sanitaires ont été complètement démantelées avec le départ des derniers expatriés, et les fichiers médicaux des employés locaux ont disparu. Aucun suivi n’a été mis en place.

À quelques milliers de kilomètres de là, Areva, société anonyme propriété de l’État français, a annoncé en mars 2015 des pertes de 4,8 milliards d’euros et doit engager une restructuration qui impliquera la suppression de six mille emplois. L’État a dû participer à une recapitalisation de 5 milliards d’euros pour restaurer son bilan, tandis que son activité «réacteurs» doit être complètement cédée à EDF d’ici à 2017. Le scandale industriel du siècle et les sommes astronomiques qu’il charrie semblent à des années-lumière de ce petit village centrafricain. Comment comprendre qu’Areva ait dépensé plusieurs milliards d’euros pour l’achat de trois mines fantômes en Namibie (Trekkopje), en Afrique du Sud (Ryst Kuil) et en Centrafrique (Bakouma), avant de les fermer précipitamment sans en avoir tiré un gramme de minerai? Quatre milliards d’euros de pertes sèches inscrites dans les comptes de l’entreprise publique, soit l’équivalent de vingt années de budget de l’État centrafricain…

Racheté au plus fort de la course à l’uranium
Lorsque Mme Voukoulé, qui, à 70 ans passés, travaille encore quotidiennement aux champs, se voit expliquer l’affaire, elle demande à trois reprises qu’on lui répète les montants en jeu. Elle rappelle qu’elle a dû se battre pendant deux ans afin d’obtenir d’Areva 100 000 francs CFA (200 euros) pour le seul investissement qui soit resté dans le village : la rénovation de sa mairie. Les 400 000 euros de dépenses sociales et sanitaires promis, soit moins de 0,5% de l’argent théoriquement investi dans le site et 0,01% du coût global de l’opération, ne sont aujourd’hui visibles nulle part. «La seule activité sociale qu’organisait Areva, c’étaient les barbecues du chef du camp avec ses amis expatriés un week-end par mois», lance, amer, un villageois.

Areva présente aujourd’hui sur son site Internet les raisons de son départ de Bakouma de façon lapidaire : «En raison du faible coût de l’uranium depuis Fukushima et de l’insécurité présente dans le pays depuis plusieurs mois, Areva a annoncé en septembre 2012 la suspension de l’exploitation minière de Bakouma, en République centrafricaine.» Ce gisement a en effet été racheté au plus fort de la course à l’uranium. Les prix spot — d’achat immédiat — atteignaient alors leur plus haut niveau. Mais ils ne reflétaient pas la réalité d’un marché déterminé essentiellement par les contrats de long terme, dont les variations ont été relativement faibles pendant la période concernée. Le démantèlement du site avait d’ailleurs commencé bien avant l’accident nucléaire de Fukushima, et peu avant que l’entreprise investisse dans d’autres mines, notamment en Mongolie et dans l’immense exploitation de Cigar Lake, au Canada. «En réalité, aucun matériel d’exploitation n’a jamais été amené sur le site, confie un cadre de l’entreprise, sur place à l’époque des faits. Nous sentions dès 2009 que l’exploitation n’aurait jamais lieu.» Soit deux ans avant Fukushima…

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Juan Branco
L’argument sécuritaire paraît plus faible encore, dans la mesure où la situation ne s’est dégradée sérieusement qu’un an et demi plus tard. La communication d’Areva mentionne une attaque contre le site minier en date du 24 juin 2012. Des habitants de Bakouma racontent avoir vu ce jour-là le chef du camp accompagner des rebelles jusqu’au gisement. «Il leur a dit de “piller” ce qu’ils souhaitaient et a demandé au groupe de sécurité Fox de ne pas tirer», raconte un géologue sous couvert d’anonymat. «Quand on parlait de l’attaque avec les gars d’Areva, c’était toujours avec un demi-sourire», ajoute un expatrié sous-traitant de l’entreprise en Centrafrique. Fantasmes? Peu avant les faits, M. Tantardini avait en tout cas ordonné l’évacuation de tous les documents sensibles, ainsi que des personnels qualifiés. Car, loin des simples considérations industrielles ou énergétiques, la mine de Bakouma recouvre un scandale majeur, qui alimente la chronique politico-judiciaire française depuis maintenant trois ans : l’affaire UraMin.

Fondée en 2005 par MM. Stephen Dattels et James Mellon avec 100 000 dollars (91 000 euros) de mise de départ (2), la société UraMin investit rapidement dans trois mines, en Afrique du Sud, en Namibie et en Centrafrique, où elle prospecte intensément pour se doter d’un bilan flatteur. Valorisée à 300 000 dollars en mars 2005 et détenant 150 millions de dollars d’actifs début 2007 — dont moins de 50 millions d’actifs miniers —, UraMin est rachetée par Areva en juin 2007 pour rien de moins que 2,5 milliards de dollars (alors 1,86 milliard d’euros). Cette opération fait étrangement écho au destin qu’ont connu trois autres entreprises de M. Dattels, reprises par de grands groupes d’État pour des sommes tout aussi faramineuses avant de rapidement disparaître des comptes et des radars. Son entreprise principale, Oriel Resources PLC, dont la valorisation s’est accrue elle aussi de 60% dans les mois ayant précédé son rachat par le groupe russe Mechel, est mentionnée dans les «Panama papers» en tant que copropriétaire d’une entité située dans un paradis fiscal.

Loin d’avoir été échaudée par l’échec d’UraMin, Areva perdra à nouveau plusieurs centaines de millions d’euros, en 2010, lors du rachat des parts de M. Dattels dans Marenica Energy, propriétaire d’une mine jamais exploitée en Namibie, puis dans le rachat par Eramet, alors filiale d’Areva, de la mine de nickel fantôme de Weda Bay, en Indonésie, pour 270 millions de dollars canadiens (198 millions d’euros). Cette dernière, officiellement «mise en sommeil», n’a jamais été exploitée.

Areva, une excroissance de l’état français
Comment expliquer une telle succession de transactions ruineuses? Selon le Mail & Guardian (3) de Johannesburg, Areva aurait racheté UraMin à un prix largement surévalué pour qu’une partie de la transaction permette de verser plusieurs centaines de millions d’euros de commission au clan du président sud-africain d’alors, M. Thabo Mbeki. En échange, Areva espérait gagner un appel d’offres pour plusieurs centrales nucléaires et une usine d’enrichissement de l’uranium — une hypothèse reprise par d’autres sources. Un ancien ministre des mines centrafricain nourrit le même soupçon de rétrocommissions en ce qui concerne Bakouma : «Nous avons rapidement pensé qu’Areva avait utilisé UraMin comme couverture. Tout le monde savait en tout cas qu’UraMin n’était que de passage, pour servir de tête de pont à une grande entreprise nucléaire.»

Ancien inspecteur des impôts, il est devenu, après son passage au ministère, le détenteur d’un 4 x 4 avec chauffeur et de plusieurs propriétés en France, financées grâce aux «bonus» attribués par les entreprises minières. Il nous reçoit dans le seul hôtel cinq étoiles de la capitale centrafricaine, où la chambre lui coûte chaque jour l’équivalent d’une année du revenu moyen de ses concitoyens. «Ces affaires étaient traitées directement par la présidence, mais l’information circulait. Lorsque l’appel d’offres pour le gisement de Bakouma a été rendu public, Areva a fait une proposition ridicule, qui nous a forcés à accepter celle d’UraMin. Puis ils ont saisi l’occasion pour effectuer des malversations en survalorisant le permis lors du rachat d’UraMin.»

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Juan Branco
Areva n’est pas n’importe quelle entreprise. Soupçonnée de corruption et de graves négligences sanitaires et environnementales dans des pays aussi divers que la Chine, l’Afrique du Sud, le Niger, l’Allemagne, la Namibie ou encore le Gabon, elle est une excroissance de l’État français, son principal actionnaire via le Commissariat à l’énergie atomique. Ses activités dans le nucléaire civil et militaire français, partiellement couvertes par le secret défense, ont fait l’objet d’une réorganisation accélérée à l’orée des années 2000, sous la direction de Mme Anne Lauvergeon, ancienne secrétaire adjointe de la présidence de la République sous François Mitterrand. Appartenant au corps le plus puissant de la République, les X-Mines, dont elle a animé le réseau d’anciens, Mme Lauvergeon manifeste un entregent politique transversal : le président Nicolas Sarkozy lui a proposé le ministère de l’enseignement supérieur en 2007, avant que M. François Hollande n’envisage de la nommer à son tour au gouvernement en 2012.

À la tête d’Areva, elle demande et obtient des marges de manœuvre exceptionnelles, qui lui permettent de court-circuiter la tutelle des autorités de contrôle de l’État et d’engager des chantiers pharaoniques qui mèneront à l’effondrement de l’entreprise. Ainsi, tant le rachat que l’abandon des gisements d’UraMin ont eu lieu sous la supervision directe du ministre de l’économie de l’époque, M. Thierry Breton, puis de l’Élysée, à travers un homme, M. Patrick Balkany, alors député et maire de Levallois. Ce dernier est intervenu en 2008 pour calmer la colère du président centrafricain : «Bozizé a senti la trahison, nous raconte un haut fonctionnaire en poste à l’époque. Il a tout de suite compris ce qui se tramait et a bloqué l’exploitation de la mine de Bakouma, menaçant de faire annuler les permis et de les remettre en jeu.» Selon une plainte de l’État centrafricain, qui a saisi le parquet centrafricain, M. Balkany a touché une commission de 5 millions d’euros pour ses services, qui ont permis de résoudre le conflit.

Pourquoi le groupe Areva a-t-il décidé de payer au moins trente fois sa valeur pour le gisement qu’il connaissait peut-être le mieux au monde, d’y investir — affirment ses services — près de 100 millions d’euros, de mobiliser le ban et l’arrière-ban de la politique française pour en assurer l’exploitation, avant de tout simplement l’abandonner aux mauvaises herbes? L’incapacité du groupe à donner une explication claire a amené certaines personnes, dont le spécialiste minier Vincent Crouzet, l’enquêteur Marc Eichinger, WikiLeaks (4) ou encore l’intermédiaire Saïf Durbar, à affirmer que le rachat d’UraMin pourrait avoir eu pour seul but de mettre en œuvre un immense système de rétrocommissions alimentant in fine la France.

M. Durbar, qui avait été nommé vice-ministre par M. Bozizé, a été auditionné le 2 juillet 2015 par le juge Renaud Van Ruymbeke. Arrêté et condamné à trois ans de prison ferme en France pour une affaire d’escroquerie, il avait été étrangement libéré trois mois plus tard, après ce qu’il affirme être un accord avec les services de renseignement (5). Alors que son nom apparaît plusieurs centaines de fois dans les articles relatifs à l’affaire UraMin, Mme Éliane Houlette, qui dirige le parquet national financier, nous assurera lors de deux entretiens consécutifs n’avoir «jamais entendu parler de lui». Ce même parquet qui, après des mois d’attentisme, a dû se résoudre en mars 2015 à ouvrir deux informations judiciaires pour escroquerie, corruption d’agent public étranger et abus de pouvoir, diffusion de fausses informations et présentation de comptes inexacts.

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Juan Branco
Areva s’est contentée de nous transmettre un communiqué de presse dans lequel l’entreprise prétend avoir obtenu un «quitus» de la part de l’État centrafricain, alors que des documents exhumés par WikiLeaks et par notre enquête tendent à démontrer le contraire (6). Boris Heger et Étienne Huver, journalistes du collectif Slug News travaillant sur le sujet, ont fait l’objet de menaces provenant du cabinet du ministre de la défense (7). Mme Lauvergeon a poursuivi en justice son ancien directeur des mines, M. Sébastien de Montessus, après qu’un consultant spécialisé et un détective privé (8) eurent été payés par Areva pour espionner la présidente de l’entreprise.

En Centrafrique, toutes les archives relatives à UraMin et à la présence d’Areva sur le territoire ont mystérieusement disparu après que la milice Seleka eut chassé M. Bozizé du pouvoir, en mars 2013, avec l’assentiment tacite de la France. Le jour même de l’arrivée au pouvoir des milices, le directeur général des mines du pays voyait sa maison fouillée de fond en comble, puis saccagée. Avant le départ en catastrophe d’Areva, et alors qu’une mission d’enquête de l’État centrafricain était en chemin vers Bakouma, M. Tantardini aurait, selon un géologue alors sur place, rappelé à ses collaborateurs la nécessité de «bien vider leurs corbeilles», avant de reformater l’ensemble des disques durs restés sur le site minier et de mettre sous clé le serveur, puis d’évacuer par avion l’ensemble des archives du groupe. Depuis, ce personnage-clé a obtenu une belle promotion à la tête de la Société nationale maritime Corse-Méditerranée, dont il supervise le redressement judiciaire.

L’État centrafricain lui-même ne dispose plus d’une seule copie d’un document relatif à Areva, ce qui rend difficile toute poursuite locale contre le groupe français. M. Joseph Agbo, l’actuel ministre des mines, dit son «impuissance complète» sur ce dossier, qu’il a tenté de réactiver plusieurs fois sans jamais réussir à entrer en contact avec le groupe français, si ce n’est via un «notaire banguissois qui les représente ici» et qui se montre peu disert. Les travailleurs centrafricains ont bien tenté, malgré tout, de lancer une procédure judiciaire contre Areva à Bangui, qu’ils disent encore en cours. Las, le procureur de la République centrafricaine, M. Ghislain Grésenguet, dit «ne jamais en avoir entendu parler».

Aucun protagoniste français de l’affaire n’a accepté de répondre à nos questions. Mme Lauvergeon n’a accordé que deux entretiens depuis sa mise en examen. Au Parisien, elle a affirmé que l’acquisition d’UraMin s’était faite «avec le feu vert de toutes les tutelles et de l’État», tandis que les dépréciations d’actifs auraient «scrupuleusement» respecté les normes comptables (30 mars 2016). Sur France 3 (9), elle a présenté son éviction comme une conséquence de son opposition à deux projets de M. Sarkozy : la privatisation de la branche mines au profit d’intérêts qataris et la vente d’une centrale nucléaire à la Libye de Mouammar Kadhafi. Elle assure aussi n’avoir jamais parlé du rachat d’UraMin à son mari Olivier Fric. Ce dernier, impliqué dans l’opération, est mis en examen pour délit d’initié. Il est soupçonné d’avoir spéculé sur le titre de l’entreprise à travers la société Vigici, sise à Lausanne, la veille de sa prise de contrôle par Areva. Il en aurait tiré un bénéfice de 300 000 euros.

Lors de l’arrivée d’Areva, un Sud-Africain prénommé Michael, directeur du site de Bakouma alors qu’il appartenait encore à UraMin, avait réuni les employés à l’entrée du camp pour leur annoncer, avec un mélange de fatalisme et de grandiloquence entrepreneuriale : «UraMin, c’est terminé. Nous étions un chien qui aboie mais ne mange pas. Demain viendra peut-être un chien qui aboie et qui mange…»

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Juan Branco

Chercheur en droit international, auteur de L’Ordre et le monde. Critique de la Cour pénale internationale, Fayard, Paris, 2016.
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(1) Elles atteignent les 3 micro-sieverts par heure (μSv/h), alors qu’elles ne dépassent pas autour du village 0,08 μSv/h.

(2) «Jim Mellon interview», Spear’s WMS Magazine, no 13, février 2010.

(3) «French nuclear frontrunner’s toxic political dealings in SA», Mail & Guardian, Johannesburg, 3 août 2012.

(4) Cf. «La nouvelle guerre sale pour l’uranium et les minerais d’Afrique», dossier de WikiLeaks, 5 février 2016, et le roman d’espionnage de Vincent Crouzet Radioactif, Belfond, Paris, 2014.

(5) «Areva, 3 milliards en fumée», «Pièces à conviction» du 10 décembre 2014, sur France 3.

(6) «Rapport d’activité sur la mine de Bakouma et Areva», WikiLeaks, 5 février 2016.

(7) «Areva & UraMin, la bombe à retardement du nucléaire français», Arte, 14 mai 2015.

(8) MM. Marc Eichinger et Mario Brero.

(9) «Areva : les secrets d’une faillite», «Pièces à conviction» du 19 octobre 2016, sur France 3.

Les étranges affaires d’Areva en Afrique, par Juan Branco (Le Monde diplomatique, novembre 2016)
 

Abou Sandal

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Pierre de Brague sur PressTV | Édouard Philippe / Jean-Luc Mélenchon : à quoi s'attendre ?

 

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À ce sujet, @Abou Sandal

And @Muki , I wish you could read this. You would understand what I was trying to explain yesterday; especially the part about soft power. Try Google translate...it might give you a decent translation. Totally worth the read.




C’est au sein du programme «Young Leaders» de la French-American Foundation que le nouveau premier ministre, Édouard Philippe, a rencontré Emmanuel Macron en 2012, comme le raconte l’un de ses adjoints à la mairie du Havre à Ouest France(15 mai). Après avoir été directeur des affaires publiques d’Areva au moment où l’entreprise concluait d’étranges affaires en Afrique, le nouveau locataire de Matignon participait, comme le président, au séminaire de deux ans organisé depuis 1981 par la fondation privée, où une douzaine de jeunes Français côtoient les élites américaines de la même classe d’âge.

Des missionnaires aux mercenaires
par Jean-Michel Quatrepoint
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Aurélie piau. — «Le Sacré Pouvoir d’H A», 2011
aurelie-piau.blogspot.fr

Quel fil peut bien relier les ministres ou anciens ministres Emmanuel Macron, Fleur Pellerin et Najat Vallaud-Belkacem, la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse, les journalistes Jean-Marie Colombani et Christine Ockrent, l’homme d’affaires Alain Minc, le banquier Matthieu Pigasse (l’un des propriétaires du Monde SA) ou encore l’ancien premier ministre Alain Juppé? Tous ont effectué un passage par la French-American Foundation dans le cadre de son programme «Young Leaders». Tout comme cinq cents autres personnalités françaises, parmi lesquelles le président François Hollande lui-même.

Depuis 1981, cette fondation privée organise des séminaires de deux ans où une douzaine de jeunes Français côtoient les élites américaines de la même classe d’âge. Officiellement, l’objectif est de favoriser le dialogue franco-américain. En réalité, il s’agit de bien faire comprendre aux futurs décideurs français — entrepreneurs, responsables politiques, journalistes — les bienfaits de la mondialisation à l’anglo-saxonne. Certes, on constatera ultérieurement que, ici ou là, l’opération de séduction a échoué (avec M. Nicolas Dupont-Aignan, par exemple). Mais, dans l’ensemble, ces jeunes gens effectueront une brillante carrière au sein des structures de pouvoir et dans les affaires. Des personnalités qui ne feront pas dans l’antiaméricanisme…

Ce programme est révélateur de la stratégie d’influence des États-Unis. Celle-ci s’exerce de manière encore plus spectaculaire à travers le pantouflage des élites, notamment européennes, dans de grandes entreprises américaines. Dernier exemple en date — ô combien symbolique : la décision de M. José Manuel Barroso de rejoindre la banque Goldman Sachs. L’ancien président de la Commission européenne va mettre son expérience et son carnet d’adresses — où figurent notamment tous les dirigeants politiques de l’Union — au service de ce prestigieux établissement… qui a participé au maquillage des comptes de la Grèce pour lui faire intégrer l’euro.

M. Barroso n’est pas le seul commissaire à se reconvertir dans des fonctions lucratives : ce fut le cas récemment de Mme Neelie Kroes (Bank of America) et de M. Karel De Gucht, négociateur et thuriféraire du grand marché transatlantique (CVC Partners). M. Mario Draghi est, quant à lui, directement passé de Goldman Sachs à la présidence de la Banque d’Italie, puis à celle de la Banque centrale européenne (BCE) (1).

Ces allers-retours entre public et privé relèvent de pratiques courantes aux États-Unis. Sous la présidence de M. William Clinton, les instigateurs de l’abrogation — réclamée par Wall Street — du Glass-Steagall Act de 1933, qui séparait banques de dépôt et banques d’affaires, se sont facilement reconvertis dans de grands établissements financiers. Le big business sait récompenser ceux qui l’ont bien servi. À la tête de la Réserve fédérale (FED) de 2006 à 2014, M. Ben Bernanke a favorisé la création monétaire au profit des acteurs financiers en déversant 8 000 milliards de dollars dans l’économie au nom du sauvetage des banques. En 2015, il a intégré Citadel, l’un des principaux fonds d’investissement du pays. La même année, M. Timothy Geithner, l’un des protégés de M. Clinton, ancien secrétaire au Trésor de M. Barack Obama, a rejoint Warburg Pincus, un grand fonds d’investissement.

Le monde des affaires sait aussi miser sur ceux qui, demain, pourront faire prévaloir ses intérêts, lui ouvrir les portes des administrations, relayer son discours. Aux États-Unis, bien sûr, mais aussi dans le reste du monde. Cette stratégie permet de rendre désuet le recours aux pots-de-vin et autres enveloppes. Plus besoin de corrompre! Fini aussi le chantage direct, les menaces, pour obtenir un marché ou des renseignements. On fait désormais dans le soft power, le lobbying.

Le coup d’envoi en France de cette stratégie de l’influence, que d’aucuns pourraient qualifier de trafic d’influence, a été donné en 1986 lorsque Simon Nora, figure tutélaire et emblématique de la haute administration, a intégré à 65 ans la banque d’affaires Shearson Lehman Brothers, devenue par la suite Lehman Brothers. Au cours de la décennie 1990, la mondialisation a accéléré le pantouflage. Désormais, les grands établissements financiers américains, qui veulent pénétrer le marché français et européen, font leurs emplettes au sein de l’élite hexagonale. Toute une génération d’énarques et d’inspecteurs des finances approche de l’âge de la retraite. Leur salaire en tant que hauts fonctionnaires, dirigeants de banques hier nationalisées ou de grandes entreprises, pour être correct, n’avait cependant rien à voir avec ceux pratiqués outre-Atlantique. Banques et fonds d’investissement leur font miroiter la perspective de gagner en quelques années autant que durant toute leur carrière passée. Tentant! D’autant qu’ils éprouvent le sentiment d’aller dans le sens de l’histoire.

C’est ainsi qu’en 1989 Jacques Mayoux, lorsqu’il était fonctionnaire, président de la Société générale, est devenu le représentant de Goldman Sachs à Paris. Il a été suivi de beaucoup d’autres. À commencer par M. Philippe Lagayette, ancien directeur de cabinet de M. Jacques Delors lorsqu’il était ministre de l’économie, des finances et du budget, ancien directeur général de la Caisse des dépôts, qui rejoignit JP Morgan en 1998. Les énarques dits «de gauche» ne sont pas les derniers à succomber aux sirènes de ce capitalisme de connivence. Ces personnalités sont choisies et touchent de confortables honoraires pour ouvrir les portes et pour faciliter les fusions et les rachats d’entreprises françaises que lanceront les banques.

Au fil des ans, des centaines de sociétés sont passées de main en main par le biais d’achats à effet de levier (leverage buy-out ou LBO). Chaque fois, les banques d’affaires touchent une commission, leurs dirigeants français ayant bien mérité leurs émoluments. Peu importe, finalement, que la France se désindustrialise, que les salariés soient licenciés pour accroître le rendement du capital, que les déficits commerciaux se creusent. L’essentiel n’est-il pas de saisir la vague de cette finance triomphante? Hier, ou plutôt avant-hier, les fonctionnaires issus des grands corps de l’État — s’ils pantouflaient déja — s’estimaient investis d’une mission : ils servaient la nation. À partir des années 1990, les mentalités changent. La mondialisation a transformé les missionnaires en mercenaires. Le capitalisme débridé a remplacé le capitalisme d’État.

Ce mouvement s’est amplifié au fil des ans. En 2004, M. Charles de Croisset, ancien président du Crédit commercial de France (CCF), a marché dans les traces de Mayoux en devenant conseiller international chez Goldman Sachs et vice-président de Goldman Sachs Europe. Les branches françaises des cinq grandes banques d’investissement américaines sont toutes dirigées par un énarque (2). M. Jean-François Cirelli, ex-dirigeant de Gaz de France et d’Engie, ancien membre du cabinet du président Jacques Chirac, vient de rejoindre la filiale pour la France et le Benelux de BlackRock. Peu connu du grand public, ce fonds est le premier gestionnaire d’actifs du monde (5 000 milliards de dollars).

Tout aussi symbolique est le parcours de Mme Clara Gaymard. Cette énarque, épouse de M. Hervé Gaymard, ministre de M. Chirac, avait été nommée en 2003 déléguée aux investissements internationaux. De quoi étoffer son carnet d’adresses, l’un des plus fournis de l’énarchie. En 2006, General Electric (GE) lui proposa de prendre la tête de son antenne France, puis la vice-présidence de GE International, l’entité chargée des grands comptes et des relations avec le gouvernement. Elle a servi d’intermédiaire lors du rachat par GE de la division énergie d’Alstom, au printemps 2014. Une fois l’opération achevée, le président du groupe, M. Jeffrey R. Immelt, s’est séparé d’elle brusquement, mais, soyons-en sûrs, avec de bonnes compensations. Pendant dix ans, Mme Gaymard a été l’un des relais essentiels de l’influence américaine en France : membre de la Trilatérale (3), présidente de la Chambre américaine de commerce, membre du conseil d’administration de la French-American Foundation.

Proposer de belles fins de carrière aux seniors, miser sur quelques personnages-clés dans le Tout-Paris médiatico-politique, investir dans de jeunes cadres prometteurs : tels sont les axes de ce soft power qui s’exerce aux quatre coins de la planète. Cet investissement dans la jeunesse se retrouve dans le cas d’Alstom : à la demande du gouvernement français, GE a promis de créer 1 000 emplois nets en France sur trois ans. Mais le groupe s’est au passage engagé à recruter 240 jeunes de haut niveau à la sortie des grandes écoles pour ses «programmes de leadership». Ces derniers se verront proposer une carrière accélérée chez GE, aux États-Unis et dans le reste du monde. Une opération fort habile de captation des cerveaux; une manière aussi de vider un peu plus la France de ses forces vives.

Car l’expatriation des capitaux s’accompagne désormais d’un exode des jeunes diplômés vers les États-Unis, mais aussi vers Londres, Singapour ou ailleurs. Ce sont bien souvent les enfants de cette nouvelle caste de managers mercenaires, les relations des parents aidant à leur trouver des postes intéressants dans les multinationales. Dans ce monde globalisé, les élites françaises ont adopté les mêmes comportements et les mêmes ambitions que leurs homologues américaines.

Jean-Michel Quatrepoint

Journaliste; auteur notamment d’Alstom, scandale d’État, Fayard, Paris, 2015.
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(1) Lire Vicky Cann, «De si confortables pantoufles bruxelloises», Le Monde diplomatique, septembre 2015.

(2) Cf. Jean-Pierre Robin, «Créer son fonds d’investissement, ainsi font font font les petites marionnettes», Le Figaro, Paris, 17 octobre 2016.

(3) Créée en 1973 par M. David Rockefeller, la Commission trilatérale a pour but de resserrer les liens entre les États-Unis, l’Europe et le Japon. Lire Diana Johnstone, «Une stratégie “trilatérale”», Le Monde diplomatique, novembre 1976.

Des missionnaires aux mercenaires, par Jean-Michel Quatrepoint (Le Monde diplomatique, novembre 2016)
 

Abou Sandal

Legendary Member
Orange Room Supporter
Exactly @Indie

The technique called "pantouflage" is one of the highest forms of corruptions. And Macron did it in his time. This procedure consists in private corporations, offering a job to a certain politician or civil servant, in a sensitive position. The law in France allows the civil servant, to ask for "postponing" his public office, in order to join the private sector. He is usually enrolled in that private sector for a limited time, then leaves it, only to join back his previous public office once again.

It doesn't take a genius to understand where and how the public sector and all its resources, are offered at the disposal of the private sector.

As for politicians, they are usually solicited a year or two before they leave office. Happy with their offer (bribe) for a future post in the private sector, they start themselves serving the interests of that company for the remaining time of their office. The offer itself becomes a powerful tool of bribe and lobbyism, without the need to pay a single dime.

These practices are extremely common in France, and way more, within the EU administrative framework.

Let no one makes a mistake. Multinationals draw policies, and everyone follows. Democracy in the West has long disappeared.
 

Abou Sandal

Legendary Member
Orange Room Supporter
Wave of ‘more dangerous, skilled’ ISIS jihadists bound to hit Europe – UN counterterrorism chief

RT
May 19, 2017
Prison Planet.com » Wave of ‘more dangerous, skilled’ ISIS jihadists bound to hit Europe – UN counterterrorism chief


Europe will have to come to grips with an exodus of “dangerous and disillusioned” Islamic State jihadists, defeated in Syria and Iraq earlier this year and possibly seeking revenge, the head of the UN Security Council’s counterterrorism agency has warned.

Scores of foreign Islamic State (IS, formerly ISIS/ISIL) fighters, determined to come back to Europe, are “more dangerous” than previous waves of returnees, Jean-Paul Laborde told reporters on Thursday. Some may be eager to seek revenge after defeats on the battlefield, including in recent confrontations in Mosul.

The first wave of the returnees was mainly made up of young people who went to Syria and Iraq “for T-shirts and photos,” Laborde said, RTBF reported. They came back “disillusioned and dismayed.” The second wave may contain much more extreme individuals, who had more time to build contacts with criminal organizations that can assist them in committing attacks.

Between 40 to 50 percent of foreign fighters, who left for Syria and Iraq, have already left territories controlled by IS, Laborde added.

“On average, these people are much more committed, more experienced and more skilled,” he told reporters, as cited by Reuters.

“In spite of the travel restrictions … still you will have a number of foreign terrorist fighters which will probably slip through the borders and go back, come back to these countries, especially with smuggling networks,” he added.

Over the last 18 months, the flow of departures of fighters from Europe to Syria or Iraq fell by some 90 percent, the UN official said, calling for international cooperation not only between EU member states, but also between countries involved in armed conflicts and their neighbors.

Some 5,000 EU nationals are currently fighting in Syria among the ranks of IS and other jihadist groups, a senior Syrian official said last month, warning that it’ll be a disaster for European security if these militants are allowed to return.

“We have statistics that about five thousand terrorists fighting in Syria have come from the EU countries,” Syria’s Deputy Minister of Expatriates and Foreign Affairs Ayman Susan told Sputnik in mid-April.

“Imagine that these 5,000 terrorists will return to Europe … they can do it,” the diplomat warned.

IS provides free passage to Europe to refugees willing to join the terrorist group, offering potential recruits up to $1,000 while actively infiltrating migrant communities in countries of destination, a British anti-extremism think tank warned in February.

The report by Quilliam think tank also found that underage asylum seekers are at increasing risk of being radicalized by IS preachers infiltrating refugee camps and local migrant communities.

“Groups such as Islamic State and Boko Haram recruit using financial incentives within refugee camps and work with smugglers and traffickers to facilitate the journey to asylum,” Quilliam said.

According to the think tank, IS is clearly aware of the value of migrant routes in the Eastern Mediterranean as it offers free passage and “a degree of security” to those willing to join IS.
 

Isabella

The queen of "Bazella"
Orange Room Supporter
A Paris (19/05) Un quartier où les femmes sont chassées des rues et harcelées !


TL;DR version of ur vid :D


Remember when I talked about the area where I used to live that was full of drug addicts prostitutes and drug dealers, and where I saw cops beat people up every day??? Yup that's it, that's the area!

It has improved drastically from when I moved in in 2011, and when I left in 2015... and I question the motivations behind people making a big fuss about it now! That area has been known for quite some time to be an area where females would probably be harassed, and is generally unsafe, although to be honest I didn't think there was more harassment there than anywhere else in Paris lol! It did not change drastically from before lol! On the contrary actually it did improve quite a bit, at least now when I visit there are no hookers on the street corners and drug dealers have the decency to hide, or maybe some got arrested not sure! It does become worse towards Porte de la chapelle though since there are street vendors on top of everything else

Anyway seriously questioning the fact that this is becoming an issue right now! It was known since 2008 that the area was total shit

Ktashafo l baroud l jame3a!
 
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